Interview d’Hélène Barthelet : Comment la course à pied a transformé ma vie ?


Hélène Barthelet

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Interview texte d’Hélène Barthelet :

Maxence Rigottier : Peux-tu te présenter et nous expliquer quand as-tu commencé la course à pied ?

Hélène Barthelet : Je m’appelle Hélène, j’ai commencé la course à pied il y a presque 4 ans.

Maxence Rigottier : Pourquoi tu t’es mis à la course à pied ?

Hélène Barthelet : J’ai d’abord perdu du poids en fait, sans faire de sport, et puis après, j’ai arrêté de fumer (une chose à la fois J ) et c’est à ce moment-là que j’ai ressenti beaucoup d’anxiété, même avec le patch de nicotine !! J’étais super speed, très agitée, je suis donc allée marcher au bord de la Meuse, et puis je me suis mise à courir, je n’avais aucun équipement mais j’en avais besoin. Je n’ai couru que 30 secondes car j’étais essoufflée !

Je suis rentrée chez moi, j’ai trouvé un plan d’entraînement, et je l’ai suivi à la lettre. Ainsi, j’ai mis 6 mois pour courir 28 minutes, 2 Minutes de marche, et 28 minutes, donc presque 1 heure, j’y suis allée très progressivement et rigoureusement.

Maxence Rigottier : Comment la course à pied a transformé ta vie ?

Hélène Barthelet : Oh, de bien des manières. C’est une hygiène de vie maintenant, c’est ce qui me permet d’avoir de l’énergie, de garder un poids de forme, de manger sainement, d’être bien dans ma peau, plus sereine, détendue, bref, c’est ce qui me donne un équilibre à tous les niveaux, physique, mental, émotionnel, et spirituel.

Maxence Rigottier : Qu’est-ce que tu ressens par le simple fait de courir ?

 Hélène Barthelet : Quand je cours, je me sens légère, je me sens en accord avec moi même, en accord avec le paysage autour de moi, avec les gens, je pense à plein de choses, j’ai l’impression de retrouver le fil de mes pensées, de retrouver de la clarté, j’ai l’impression d’entrer en moi et de trouver des réponses à mes questionnements. Après, je suis plus sereine, plus calme, plus apaisée.

Maxence Rigottier : Quels sont tes types d’entraînements ?

Hélène Barthelet : Oh cela dépend des moments, mais je fais surtout de l’endurance, avec un petit peu de résistance douce parfois, mais le gros en endurance, et au feeling. Alors qu’avant, j’avais besoin de tout chronométrer, de tout contrôler, maintenant je suis mes sensations plutôt que ma montre J

Maxence Rigottier : Qu’est-ce que tu as ressenti de perdre 30 kilos et d’avoir arrêter de fumer ?

 Hélène Barthelet : Ma perte de poids et l’arrêt de la cigarette étaient pour moi surtout motivés par une recherche de liberté, d’harmonie avec moi-même. Au-delà du poids perdu, et de l’arrêt de quelque chose de nocif pour la santé, ce qui compte surtout et ce que je recherchais c’était de me réconcilier, de faire la paix avec mon corps, de m’accepter telle que j’étais, de me libérer de mes addictions. J’ai donc retrouvé un sentiment de liberté intérieure mais en même temps je me suis sentie très anxieuse pendant des mois malgré les patchs, et j’ai mis aussi du temps à me retrouver, à me reconnaître dans le miroir. Je me suis donc sentie assez fragile, vulnérable, c’est là que j’ai découvert la course à pied qui m’a permis de me solidifier de l’intérieur ( et physiquement) et de trouver là un point d’ancrage indispensable à mon équilibre physique, mental et émotionnel.

Maxence Rigottier : As-tu déjà pensé à abandonner de courir ?

Hélène Barthelet : Penser à abandonner, non, mais par contre, il y a eu des moments où je n’ai presque plus couru comme cet hiver, je crois que je me suis retrouvée dans une spirale négative car je courais moins, je me sentais moins bien, du coup j’ai pris quelques kilos, j’avais moins d’énergie, donc je courais moins, enfin, bref, vous l’avez compris, c’est un cercle vicieux, et il m’a fallu me « faire violence » même si je n’aime pas du tout cette expression, pour m’y remettre. Je ne pensais pas pouvoir m’éloigner autant de la course à pied en fait, je me rends compte maintenant à quel point c’est fragile, et à quel point c’est facile d’oublier son corps de nouveau, de vivre dans sa tête, dans le futur ou le passé, dans ses peurs, et de s’éloigner vraiment de ce qui est pour soi. Je me demande encore comment j’ai pu passer des semaines entières presque sans courir. Et ce que je sais, c’est que ça ne m’a pas vraiment pas réussi. C’était justement une période de ma vie plus difficile où j’aurais eu encore plus besoin de rester en contact avec mon corps, avec ma solidité, de trouver de la force intérieure, et c’est justement là que j’ai flanché, que j’ai lâché la rampe. Ca m’a donné à réfléchir, j’ai pris conscience que rien n’était acquis, qu’on pouvait vite perdre un rythme, une discipline. Ainsi je crois que je serai maintenant plus vigilante à ne pas me laisser détourner de ce qui est bon pour moi, je me dis que j’ai la chance de savoir ce qui me fait du bien, donc je n’ai plus le droit de lâcher ça. S’aimer assez pour aller vers ses ressources, ses ancrages car personne d’autre ne peut le faire pour nous !

Maxence Rigottier : Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui aimerait courir ?

Hélène Barthelet : Peut-être de ne pas vouloir aller trop vite, car j’en vois beaucoup qui, parce qu’ils veulent aller trop vite, s’essouflent ( au sens propre comme au sens figuré) et abandonnent, et c’est dommage. Donc alterner marche et course au début, courir le plus lentement possible ! Laisser sa tête de côté, y aller progressivement en écoutant chaque sensation de son corps, surtout ne pas forcer, arrêter à la moindre douleur. Se fixer des objectifs, suivre un plan ça peut être motivant, mais alors vraiment très très progressif. Et puis bien sûr, la tête intervient quand même en ce qui concerne la discipline, car je crois qu’il en faut. L’important c’est d’y aller, même si on marche la moitié du temps, même s’il ne fait pas beau, même si on a plein d’excuses pour ne pas y aller, non, y aller, on réfléchira plus tard !!!Et puis bien sûr les indispensables de base : chaussures adaptées et bien s’hydrater.

Maxence Rigottier : Combien de fois t’entraînes-tu par semaine et qu’est-ce que tu as ressenti pour ton tout premier 10 km ?

Hélène Barthelet : Mon premier 10 km, j’en ai un super souvenir, j’ai une photo d’ailleurs, je l’ai fait avec une copine ! J’étais super contente, fidèle à ma philosophie d’aller lentement, de rentrer en moi, de m’écouter, j’étais une des dernières !! Mais ça n’était et n’est toujours pas important pour moi, j’avais respecté mon corps et je m’étais respectée moi-même, c’est ça qui comptait. D’ailleurs je trouve que c’est sacrément dur au début dans les courses de respecter son propre rythme car on est influencés par les autres, évidemment, donc ça m’a permis d’apprendre à vraiment faire le vide autour de moi, à rester focalisée sur mon ressenti quoi qu’il se passe autour. Et ça, c’est très utile dans la vie également !

Mon premier semi, résultat hyper moyen aussi, mais tellement fière ! Et puis mon but était de terminer, encore une fois, tranquillement, sans fatigue, sans crampes, à mon rythme, c’est ce que j’ai fait ! Et puis quelle excitation tous les gens qui courent autour de vous, on ne voit pas le temps passer, c’est vraiment fantastique, chacun est dans sa bulle, mais en même temps on est tous ensemble !

La peur d’abandonner ? Non, parce que j’avais suivi un plan d’entrainement donc j’étais prête à pouvoir finir, donc non, pas de peur, j’avais confiance.

Maxence Rigottier : Quelles sont les similitudes entre méditer et courir ?

Hélène Barthelet : Ah grande question, plein de similitudes !! On trouve de réponses à ses questions en courant, ou on n’en trouve pas, mais on ne se pose plus la question !! C’est comme si nos pensées flottaient au dessus de nous, on s’en détache à chaque pas. On apprend à être dans l’instant présent, à se sentir relié à la nature, au monde, le temps se suspend par moments, on gagne en force, en solidité, en stabilité quoiqu’il se passe autour, cela aiguise énormément sa capacité de concentration et sa capacité à entrer en soi même pour aller y chercher des ressources. Une des choses essentielles, en commun avec la méditation, c’est bien sûr la respiration, c’est là que tout se joue, on inspire le monde puis on l’expire, c’est ce qui permet l’osmose avec soi-même et avec l’extérieur, on est forcément conscients de sa respiration quand on court, qu’il y a un gros travail à faire avec le souffle, pour l’apprivoiser, pour courir en rythme avec lui, c’est ce qui insuffle de la vie à tous nos organes à l’intérieur de notre corps et aussi ce qui nous permet de communiquer avec l’extérieur, de laisser rentrer, la vie, en nous. Pour moi, c’est vraiment la même chose que la méditation, sauf que c’est en mouvement. Mais ce mouvement peut même passer inaperçu quand parfois le temps s’immobilise, c’est comme si on était porté par un nuage, on ne sent même plus nos jambes, on ne sent même plus le mouvement, ce sont des moments d’une intensité et d’une communion incroyable, on entre dans « l’éternel présent », on voit un bout du paradis. ;)

Maxence Rigottier : Quels sont tes objectifs 2012 en course à pied ?

Hélène Barthelet : Mes objectifs 2012, c’est simplement reperdre quelques kilos et surtout retrouver un bon rythme car cet hiver je n’ai pas beaucoup couru, redonner à la course à pied toute la place qu’elle mérite dans ma vie, car c’est la garantie de mon bien être !

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Maxence Rigottier

Maxence Rigottier

    8 Commentaires

    •    Répondre

      Je me repasse cette vidéo après 6 mois de course. C’est juste incroyable comme on peut tous (coureurs) si retrouver, la découverte du corps, la réconciliation avec celui-ci, l’envie de se lever de sa chaise et de partir courir,comme ça, au feeling, le changement du corps, l’aisance à courir et respirer qui arrive, la méditation, les sens qui se réveillent, le sentiment de liberté, l’adrénaline qui monte avec les kilomètres, envoyer de la force à nos proches qui en ont besoin…

      Le plaisir de courir va bien au-delà de ce qu’on s’imagine quand on débute la course à pied.

    •    Répondre

      Je me retrouve un peu en elle, moi aussi j’ai arrêté de fumer et j’ai commencé la course à pied il y a 2 ans et demi. Ce que m’apporte la course à pied est tellement intense tant au niveau mental qu’au niveau physique. C’est pour moi un besoin vital, comme manger ou dormir. Merci pour ce très beau reportage.

    •    Répondre

      Belle leçon de courage, quel exemple. Et quelle belle motivation pour ceux qui veulent se mettre à courir.

      Merci

    •    Répondre

      Très touchant ce reportage. Il m’a beaucoup parlée encouragée dans ma nouvelle voie. Merci Maxence pour ce beau partage et bravo à Hélène pour ce qu’elle est.

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