Interview de Ludivine BUHLER : Auteur du blog l’ordonnance ou la vie


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L’interview au format vidéo :

Ludivine BUHLER

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-Le magazine Alternatives Végétariennes ou elle rédige des articles pour ce magazine vis-à-vis de la médecine.

-Son blog l’ordonnance ou la vie

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Transcription texte de l’interview audio :

Maxence Rigottier : Bonjour à tous, c’est Maxence Rigottier de blog course à pied. Aujourd’hui je suis avec Ludivine Buhler, l’auteur du blog l’ordonnance ou la vie. Je vais laisser Ludivine se présenter pour qu’elle nous explique un petit peu pourquoi elle a créé ce blog.

Ton blog a déjà au moins 1100 lecteurs, tu commences déjà à avoir pas mal de monde qui le visite chaque jour,…,et je trouve qu’il est vraiment excellent et je vais te laisser te présenter pour que tu nous expliques ta vision de la médecine et pourquoi tu as créé ce blog. Ensuite je te poserai quelques questions par rapport à la course à pied et tous les conseils que tu pourrais nous donner. Salut Ludivine.

Ludivine Buhler : Bonjour Maxence. Merci pour ta présentation. Effectivement je suis l’auteur du blog l’ordonnance ou la vie. C’est un blog qui parle de médecine mais qui justement essaye de rendre accessible des choses qui peuvent paraître compliquées et pour lesquelles souvent les médecins n’adaptent pas le langage et vont utiliser le jargon médical qui est assez incompréhensible pour la plupart des gens. Actuellement, je suis interne en médecine générale, c’est-à-dire que je termine ma formation essentiellement à l’hôpital. J’ai créé mon blog il y a un an et demi à peu près, parce que justement, je me rendais compte qu’en discutant avec les gens, bien souvent ils n’avaient pas du tout compris ce qui leur arrivait et pourtant c’étaient des choses relativement simples, mais comme les médecins n’avaient pas pris la peine de traduire en langage habituel les termes qu’ils utilisent, bien souvent les gens restaient avec des questions qui pourtant pouvaient trouver réponse très facilement. D’où l’idée de mon blog, qui s’appelle l’ordonnance ou la vie pour aider les gens à bien comprendre ce qui se passe dans leur corps quand ils ont un problème et pour les aider à mieux vivre leurs problèmes de santé.

Maxence Rigottier : Exactement. Je vous invite vraiment à visiter son blog puisque tu traites énormément de sujets différents avec un langage très simple. Du coup, si vous avez un problème spécifique que malheureusement vous venez d’avoir ou que vous n’arrivez pas à le régler, il y a peut-être la réponse sur son blog. Donc je vous invite vraiment à jeter un œil juste après cette interview pour voir si vous avez les réponses à votre question.

Une question qui me vient à l’esprit : généralement, je reçois des emails de personnes qui ont 40 ou 50 ans et qui aimeraient reprendre le sport après une longue période d’inactivité, quels conseils donnerais-tu aux personnes qui souhaitent reprendre le sport après 40 ou 50 ans ?

Ludivine Buhler : Effectivement, déjà, le fait de vouloir reprendre le sport à 40 ou 50 ans, c’est plutôt une très bonne idée parce que justement c’est toujours bien de faire du sport. Mais par contre, il faut quand même faire attention, surtout si on a des petits problèmes de santé, comme de l’hyper-tension ou alors des problèmes de souffle cardiaque, tout ce qui en fait pourrait avoir un impact sur notre capacité à faire beaucoup de sport, de manière assez intense et assez longue. Ça doit être des choses qui doivent nous alerter, et en général, on recommande aux personnes passées 40 ans qui voudraient reprendre le sport, d’aller voir leur médecin traitant pour qu’il les envoie chez un cardiologue afin de faire un ECG (électrocardiogramme), il s’agit d’un examen qui consiste à établir un tracé du cœur, l’activité cardiaque, et qui permet de voir si le cœur a des problèmes de souffrance au niveau de l’apport en oxygène dans le corps. Plein de choses comme ça qui peuvent éclairer et qui peuvent surtout donner des contre-indications à reprendre le sport de manière intense et sans risque.

La première chose, c’est ça. Si on a des petits problèmes au niveau cardio vasculaire, au niveau de son cœur, au niveau de ses poumons… il vaut mieux aller voir un cardiologue, et même après 40 ans, c’est conseillé.

Ensuite, si jamais cet ECG va montrer des petits signes, il va falloir faire d’autres choses, notamment une épreuve d’effort. Ça c’est aussi un examen qui peut être recommandé pour les personnes passées les 40 ans. Justement, c’est du sport. On est sur une bicyclette et on vous fait faire du vélo pendant une dizaine de minutes, ou alors on peut aussi le faire sur un tapis de course, ça dépend, mais le but c’est de voir jusqu’à quelle puissance le cœur peut monter au niveau de la fréquence cardiaque sans qu’il y ait de risques pour la santé de la personne. En l’occurrence le risque c’est surtout un infarctus du myocarde, donc une crise cardiaque.

Ce sont des choses qu’il faudrait faire si on veut reprendre le sport après 40 ans.

Autre chose en rapport, mais un petit peu moins directement mais tout de même, c’est qu’il vaut mieux ne pas fumer, ni consommer d’alcool, si on veut reprendre le sport. Ce ne sont pas tellement des choses qui nous aident à avoir une bonne endurance.

Maxence Rigottier : Exactement. Par contre, courir peut être « un substitut » pour arrêter la cigarette, puisque généralement on cherche malheureusement une solution alternative pour arriver à arrêter de fumer, du coup, courir est une excellente chose.

Ludivine Buhler : Tout à fait, oui. Ça peut aider.

Maxence Rigottier : OK. Il me semble également, sur ton blog, qu’il y a une vidéo par rapport au nombre d’heures qu’une personne doit dormir « en moyenne » chaque nuit. Combien d’heures, en moyenne, un sportif, quelqu’un qui pratique 3 fois par semaine du sport, qui court 1 à 2 heures à chaque fois, quelle est à peu près la moyenne d’heures que l’on doit dormir chaque nuit pour être en forme et surtout ne pas nous blesser ?

Ludivine Buhler : C’est une bonne question. A ma connaissance, il n’y a pas vraiment de nombre d’heures précis pour les sportifs. Par contre, ce qui est important, c’est que la personne se sente en bonne forme et reposée. Parce qu’effectivement, ce qui est impératif, c’est vraiment d’avoir une bonne hygiène de vie, et surtout au niveau du sommeil, de dormir suffisamment. Suffisamment, ce n’est pas vraiment très précis comme réponse, mais la plupart des études qui ont été faites sur le nombre d’heures de sommeil, montrent que les gens se portent bien avec un nombre d’heures de sommeil qui est compris entre 5 et 9 heures. Ce sont vraiment les extrêmes. Sinon, globalement, on recommande plutôt entre 6 et 8 heures. Ça fait une bonne moyenne. Néanmoins, c’est vrai que quand on fait du sport, ça fatigue, donc la sieste peut être quelque chose de tout à fait recommandé. Une petite sieste, pas 2 heures, mais de l’ordre d’une demi-heure peut être tout à fait salutaire pour récupérer un petit peu d’énergie au cours de la journée. On va dire entre 6 et 8 heures comme tout le monde, et puis si besoin, une sieste tout à fait raisonnable.

Maxence Rigottier : Une sieste de 30 minutes.

Ludivine Buhler : Oui.

Maxence Rigottier : D’accord. Et concernant notre hydratation, combien de litres d’eau « une personne lambda » qui ne fait pas de sport doit boire chaque jour ? Et combien un sportif ? Je suppose que c’est supérieur puisqu’on a effectué un effort, c’est environ 2 litres d’eau par jour, 1,5 litres, quelle est à peu près la tendance des différentes études à ce sujet ?

Ludivine Buhler : Au niveau de l’hydratation de base pour une personne qui ne fait pas particulièrement de sport, on reste sur des recommandations d’1,5 litre par jour. Après, c’est sûr que si on fait un effort, il faut nécessairement augmenter sa consommation d’eau, mais uniquement pendant l’effort, sinon, si une journée on ne va pas faire de sport, ce n’est pas la peine d’augmenter. Pour l’hydratation, c’est important de boire beaucoup avant l’effort, histoire d’avoir un petit stock. Pendant l’effort, il va falloir boire par petites gorgées tout au long de la pratique du sport, histoire de ne pas du tout se déshydrater. Après, ça peut devenir un petit peu complexe, mais disons que si le sport qu’on va faire, si la séance n’est pas très longue, jusqu’à 1 heure, on peut ne boire que de l’eau standard. Après, si l’effort dure sur plusieurs heures, c’est vrai que c’est assez intéressant de rajouter dans l’eau un peu de sucre et un peu de sel, histoire d’apporter du sel par rapport à la déshydratation quand on transpire, on perd de l’eau et du sel, donc ça peut être intéressant d’en rajouter dans l’eau de base, et puis d’apporter aussi un peu de sucre pour avoir des sucres rapides disponibles lors de l’effort. Donc 1,5 litre de base, puis après, c’est vraiment selon comme vous le sentez. On peut boire plus que 2 litres, si l’effort est prolongé, c’est important de boire, et notamment de boire avant qu’on ait soif. Parce que si pendant l’effort on a soif, c’est qu’il nous manque déjà pas mal d’eau dans le corps.

Maxence Rigottier : Exactement, ne pas faire l’erreur d’attendre à chaque fois d’avoir soif pour boire, parce que malheureusement, comme tu l’as parfaitement souligné, on est déjà déshydraté.

Et souvent, quand on court on a aussi des crampes ou des courbatures, comment peut-on éviter ces deux choses-là ?

Ludivine Buhler : ça justement, c’est relativement relié à l’état d’hydratation du corps. En général, on recommande de bien boire, pour éviter les crampes et les courbatures, avant l’effort, parce que si on commence à boire à partir du moment où on a la crampe, c’est un petit peu trop tard. Ce qui est aussi intéressant, c’est tout ce qui concerne les étirements avant l’effort. On peut aussi parler des massages après l’effort, dans ce cas-là, où on va bien évacuer tous les déchets qui ont été accumulés pendant l’exercice physique. Ça aide aussi. Mais vraiment l’hydratation, c’est une des choses les plus importantes pour prévenir les crampes et les courbatures, avec les étirements avant et après l’effort.

Maxence Rigottier : D’accord. Et du coup, quand on pratique la course à pied, on a généralement la « malchance » d’avoir certaines blessures comme un claquage, une élongation ou une déchirure, combien de jours de repos doit-on faire lorsque l’on a 1. un claquage, 2. une élongation, 3. une déchirure, pour être sûr d’être guéri à 100 % ? Quelles sont à peu près les fourchettes de jours de repos pour chacune de ces blessures ?

Ludivine Buhler : C’est vrai que là, ça dépend un petit peu parce que si une personne arrive à l’hôpital et qu’elle s’est fait un claquage, une élongation, une déchirure, globalement on va dire que tout ça, ça met 3 semaines à guérir. C’est la fourchette qu’on donne. Evidement ça dépend des personnes. Il faut aussi voir que quand on parle de claquage, d’élongation ou de déchirure, il faut aussi voir la gravité de la chose. Parce que pour l’élongation et les claquages, il y a des choses qui peuvent se guérir toutes seules, mais la déchirure, si elle est trop importante, il va falloir quand même l’opérer. Mais ça je pense qu’à la limite, ça se voit parce que quand on a une grosse déchirure musculaire, il y a un hématome qui se forme avec une poche de sang sous la peau, et là en général on propose d’opérer pour pouvoir aider à la guérison. Je disais 3 semaines pour la population générale, pour laisser ce genre de blessure ce guérir, mais quand on parle des sportifs, tout dépend de son niveau de sport, si c’est du haut niveau ou pas, mais globalement, l’objectif c’est quand même de pouvoir reprendre assez rapidement l’entrainement. Donc là, on peut dire que la période de repos stricte, sans aucune activité sportive, va être considérablement réduite. Au niveau des données que j’avais, on était à environ 3 jours de repos sans aucun effort. Et puis après, la chose la plus importante c’est de reprendre tout ce qui est rééducation par rapport à la proprioception, c’est-à-dire le fait d’être bien stable au niveau de ses mouvements. Par exemple la cheville, si jamais il y a eu un souci avec cette partie de la jambe, c’est important de ne pas être déséquilibré quand on marche ou quand on court, au risque d’aggraver sa blessure. On va dire 3 jours de repos sans rien faire et puis après, reprendre la marche et le reste des activités sportives, mais de manière très progressive. Et il faut toujours respecter la douleur, c’est-à-dire qu’à partir du moment où ça fait mal, ce n’est pas la peine d’insister parce que c’est le corps tout simplement qui nous dit que ça va trop vite. Il faut respecter sa douleur et reprendre progressivement des petits exercices de proprioception où on va bien rééduquer son articulation pour qu’elle reprenne l’habitude d’être dans des positions différentes. Je ne sais pas si j’ai été très claire, si la réponse te convient.

Maxence Rigottier : Si si. Pour résumer, il faut absolument écouter son corps, c’est-à-dire, ne pas être strict avec une durée très déterminée et définie, mais se donner quelques jours de repos, et ensuite, en fonction de la douleur, si elle est quasiment à néant, ou malheureusement si on a encore une grosse douleur, soit continuer le nombre de jours de repos, soit reprendre très progressivement en fonction des sensations de son corps.

Ludivine Buhler : Voilà. Sachant que tout ce qui concerne les massages… ça peut aider. C’est difficile de donner des réponses comme ça, extrêmement précises pour des problèmes qui se ressemblent et qui ne sont pas toujours exactement les mêmes, mais c’est vrai que les massages, le fait de manipuler son articulation pour la réhabituer aux mouvements, ce sont des choses qui peuvent toujours se faire et qui aident. Et puis, il faut toujours respecter le fait que la douleur ne soit pas insupportable.

Maxence Rigottier : J’imagine. Je rebondis aussi sur tes propos. Tu nous as dit que pour la déchirure il fallait se faire opérer. A partir de combien de millimètres de déchirure est-ce irrévocable et que l’on doit se faire opérer ?

Ludivine Buhler : Franchement, en millimètres, je ne pourrais pas te dire. Mais généralement, si on consulte un médecin et qu’il constate qu’il y a quelque chose qui l’inquiète au niveau de l’aspect du muscle, notamment un hématome, on va faire une échographie. Ça permet de bien voir les fibres musculaires et de voir un petit peu l’état de la déchirure. Mais en nombre de millimètres, je suis incapable de répondre. Je ne sais pas du tout, donc je vais m’abstenir.

Maxence Rigottier : Ce n’est pas grave. Il n’y a pas de soucis. Et en tant que futur médecin, est-ce que tu sais un petit peu quels sont les types de problèmes que constatent les médecins par rapport aux blessures des coureurs de course à pied ? Et justement, comment éviter ces blessures pour ne pas « aller chez le médecin » ?

Ludivine Buhler : C’est vrai que globalement les blessures sont quand même relativement en corrélation avec une fatigue au niveau du corps. Quand elles surviennent, c’est qu’il faut quand même suspecter qu’on a un petit peu trop forcé, sauf évidement si quelqu’un nous bouscule pendant qu’on est en train de s’entrainer et qu’on tombe, mais sinon c’est rare. C’est vrai que les blessures surviennent généralement quand on est pas trop en forme. Quand on a pas trop écouté son corps. Il y a aussi, je n’en ai pas parlé, les élongations, les claquages, les entorses qui peuvent survenir, après il y a les tendinites. C’est quand même quelque chose d’assez fréquent. La tendinite est une inflammation du tendon, c’est-à-dire la partie qui relie le muscle à l’os, qui accroche les deux ensembles, et il y a une inflammation qui se produit quand on a trop insisté sur le mouvement, sur l’articulation, et c’est en général une survenue pendant qu’on est en train de courir. Tout d’un coup on commence à avoir mal et ça devient assez insupportable, et ça force l’arrêt de l’exercice. Ça c’est quelque chose d’assez fréquent. Et le problème, c’est que pour soigner une tendinite, il faut du repos, ce qui n’arrange pas trop les gens. Mais c’est vraiment nécessaire de bien se reposer quand on a ce genre de problème. La plupart des problèmes qui surviennent au niveau des jambes chez les coureurs, c’est quand même des problèmes qui nécessitent du repos.

Maxence Rigottier : D’accord. Donc, les types de blessure que les coureurs peuvent avoir, c’est tendinite et fracture de fatigue ?

Ludivine Buhler : Oui. C’est vrai, les fractures de fatigue, je n’en ai pas parlé, mais…

Maxence Rigottier : Je suppose qu’il doit y en avoir pas mal, non ?

Ludivine Buhler : Oui, c’est assez… On va être surpris par le terme fracture de fatigue. Moi je me rappelle, quand j’avais appris ça à la faculté, je trouvais ça assez étrange comme concept, que finalement l’os se casse uniquement parce qu’il est sur utilisé, qu’il est fragilisé par le fait qu’il n’y ait pas assez de repos, et qu’au bout d’un moment, c’est comme le reste, ça se casse. Mais ça ne va pas forcément se déplacer, mais c’est juste une fissure au niveau de l’os, et c’est très douloureux. Et là le verdict, c’est toujours le même, c’est qu’à un moment il faut faire une pause de plusieurs jours.

Maxence Rigottier : J’imagine. C’est à force d’avoir trop forcé qu’on obtient une fracture de fatigue.

Ludivine Buhler : Oui.

Maxence Rigottier : C’est vrai que je comprends que ce soit un peu hallucinant comme type de blessure, mais ça montre une nouvelle fois le mental « surhumain » des personnes qui arrivent à aller dans de tels niveaux de performance et qui du coup vont au-delà des possibilités de leur corps.

Ludivine Buhler : C’est vrai que c’est impressionnant. On peut se demander comment on arrive à se motiver pour aller, comme tu l’as dit, au-delà de ses propres capacités, mais le problème, c’est qu’il y a un moment, même si le mental n’a pas de limites, le corps en a. Il faut se faire une raison.

Maxence Rigottier : Exactement. Avant chaque compétition sportive, il faut généralement avoir une alimentation équilibrée et se mettre dans les meilleures conditions pour atteindre ses objectifs en fonction de la compétition que l’on va faire. Quels sont pour toi les conseils que tu pourrais nous donner par rapport à une alimentation conseillée avant une compétition sportive ? On va prendre l’exemple du 10 km. Est-ce que tu sais un petit peu l’alimentation que tu nous conseillerais ?

Ludivine Buhler : Ce qui est important, c’est l’hydratation, on en a parlé avant. Au niveau de la course, la veille au soir, on conseille de manger relativement léger, et le jour de la course, avant l’épreuve, de manger un plat essentiellement avec des glucides, des sucres lents, comme des pâtes, du riz, ce genre de choses, parce que les glucides sont ce que l’on va utiliser sur une longue période d’effort. Donc il faut que ce soit quelque chose qui soit disponible de manière rapide et sur une longue période. Il vaut mieux manger un plat de glucides environ 3 heures avant l’effort car il faut que les aliments descendent dans le tube digestif et qu’ils soient absorbés par les intestins pour aller dans le sang, et ils ne sont disponibles qu’à ce moment-là. Au niveau de la compétition en elle-même, on peut toujours pendant l’effort, on a parlé d’hydratation, il est important de boire de l’eau, et si c’est pour un 10 km, c’est sûr qu’il vaut mieux rajouter du sel et du glucose dans l’eau qu’on boit. C’est surtout ça qui me vient à l’esprit. J’avoue que je ne suis pas une spécialiste de nutrition du sport, largement pas, mais les sucres lents, les glucides, sont des choses importantes à prendre avant la course parce que c’est ce qu’on va utiliser. Tandis que les protéines sont plutôt des choses qui servent à fabriquer les muscles, donc ce n’est pas trop le moment de les manger pendant qu’on fait un effort, parce que c’est en quelque sorte un peu trop tard. Il vaut mieux les manger avant, histoire que le corps synthétise les nouvelles fibres musculaires.

Maxence Rigottier : D’accord. Merci pour tous ces conseils. Une autre question : en tant que coureur, quel est l’indice de masse corporelle idéal que l’on doit avoir ? Pour rappel, l’indice de masse corporelle c’est son poids/taille². Si je ne me trompe pas, inférieur à 15 on est anorexique, entre 15 et 20 on est maigre, entre 20 et 25 on est normal, entre 25 et 30 on est en surcharge pondérale, et supérieur à 30 on est obèse.

Ludivine Buhler : Oui. C’est un peu ça. Sachant que ça va même au-delà de 30. A 40 on parle d’obésité morbide. Généralement, les coureurs sont rarement dans la fourchette au-delà de 30, parce que leur cœur aurait vraiment du mal à suivre ce genre d’effort. C’est vrai que c’est une bonne question. J’avoue que l’IMC, je ne sais pas si c’est vraiment très adapté pour les gens qui font du sport. Le problème de l’IMC, comme la formule l’indique, c’est poids/taille², mais poids ça ne veut pas dire grand-chose car c’est le poids de la personne en entier, et dans le poids il y a certes les muscles, mais il y a aussi la graisse, l’eau… et ce sont des choses qui ne sont pas du tout prises en compte dans le calcul de l’IMC. Un muscle, ça pèse quand même assez lourd. L’IMC normale c’est entre 20 et 25, après c’est vrai que je ne saurais pas dire s’il vaut mieux se rapprocher de 20 que de 25. Ça va dépendre…

Maxence Rigottier : Je pense que pour les coureurs il faut être vers les 19, un truc comme ça.

Ludivine Buhler : Oui. Là, je ne pourrais pas confirmer. Tout dépend de la composition du corps en lui-même. Je ne pense pas vraiment que l’IMC soit très adapté. Il y a peut-être des formules plus spécialisées, par rapport à l’incidenmétrie aussi, où on aurait plus un reflet de la masse musculaire et de la masse graisseuse.

Maxence Rigottier : Et tu connais une autre formule spécifiquement liée aux sportifs ?

Ludivine Buhler : Honnêtement non. C’est une bonne question. J’essayerais de me renseigner là-dessus.

Maxence Rigottier : Il n’y a pas de souci. Je n’en ai jamais entendu non plus, mais peut-être qu’il y a des formules que nous n’avons jamais entendu, qui sont liées juste pour les sportifs ou les coureurs de course à pied.

Ludivine Buhler : Je regarderais. Si jamais j’en trouve une, je la mettrais sur les commentaires sous l’interview.

Maxence Rigottier : OK. Pas de souci. En tout cas, merci d’avoir répondu à toutes mes questions, et merci d’avoir accepté cette interview

Ludivine Buhler : De rien. Ça m’a fait plaisir que tu le proposes, donc merci.

Maxence Rigottier : Je vous invite une nouvelle fois, si vous avez eu ou si vous rencontrez actuellement des problèmes de santé ou pour une quelconque raison d’aller visiter ton blog parce que tu as un plan du site bien garni où tu réponds à énormément de problématiques. Il est possible que vous ayez eu un problème ou que vous rencontriez un problème actuellement et qu’il y ait la réponse sur ton blog ou également de te poser une question personnellement pour que tu puisses répondre à tous les problèmes et à toutes les frustrations que l’on peut avoir.

Ludivine Buhler : Oui. On va dire que j’essaye de faire de mon mieux. C’est vrai que ce n’est pas toujours facile parce que les gens ont souvent des problèmes complexes et selon leurs histoires, cela peut être délicat de trouver la bonne réponse, de diagnostiquer sans faire peur.

Maxence Rigottier : J’imagine. Pas terroriser la personne, mais plutôt essayer de la rassurer pour pas qu’elle ne tombe dans la panique.

Ludivine Buhler : On va dire qu’on dérive un peu du sujet de cette interview. C’est vrai que souvent on ne se rend pas toujours compte, quand on parle avec quelqu’un, de la puissance que les mots peuvent avoir sur la personne parce que ce n’est pas à nous que ça arrive. On est toujours détaché de la situation même si on essaye de faire preuve d’empathie. Ça peut vraiment faire peur quand on dit certains mots. Il faut toujours essayer de garder en mémoire, de faire attention aux mots qu’on emploie et au pouvoir que cela peut avoir sur la personne en face.

Maxence Rigottier : D’accord. Merci pour tous tes conseils. Je te dis à très vite sur ton blog l’ordonnance ou la vie.

Ludivine Buhler : Merci à toi Maxence.

Maxence Rigottier : A bientôt.

Maxence Rigottier : J’espère que cette interview vous a plu. Partagez-la sur Facebook ou sur Twitter.

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