[Article invité] Comment trouver du temps et se motiver pour aller courir ?


Note importante : Cet article est un article invité de Jean-Marc du blog testeurs-outdoor

Souvent les sportifs sont des incompris, notamment les coureurs à pied.
La plupart des gens ne comprennent pas que l’on puisse souffrir pour courir, ou juste transpirer pour cette activité sportive. Et plus la distance augmente, plus l’incompréhension grandit et plus de doux surnoms comme “ le fêlé de la course à pied “ prolifèrent… Et ne comptez pas sur eux pour vous aider dans votre pratique sportive.

Jean Marc testeurs outdoorJe me prénomme Jean Marc, je suis le blogueur de testeurs-outdoor. Je suis un passionné de sports outdoor, surtout de course à pied et de cyclisme.
Comme beaucoup d’entre vous, j’ai commencé par des petites distances, juste pour courir. Je n’avais aucun but, aucune envie particulière, aucun plan ou programme d’entraînement défini. C’était l’époque de l’insouciance, un peu comme un enfant découvre le monde qui l’entoure.

Bien sûr, j’aurais pu continuer comme cela, bien longtemps. Mais je pense que la nature humaine est ainsi faite que nous cherchions à faire mieux, à comprendre les gestes que nous faisons et à vouloir les améliorer. Il n’y a pas de honte à l’avouer. Pourtant, je vois de nombreux coureurs “ débutants “ qui n’osent pas franchir le pas, parce qu’ils ont peur de l’inconnu, ou tout simplement parce qu’ils ont peur de ne pas être à la hauteur.

Mais franchir quel pas ?

Faire de la compétition et vouloir connaître ses limites physiques et chronométriques ? Aller dans un club ? Suivre un programme d’entraînement ? Avoir un coach ( c’est très tendance ça héhéhé) ? Bien sûr, vous pouvez en avoir envie, mais vous avez plusieurs blocages…Et si vous commenciez par courir tout simplement ? Plusieurs fois par semaine, ça vous tente ? Par tout temps, même en hiver ? Et si vous courez que deux fois par semaine, pourquoi ne pas allonger une de vos deux sorties ?

Je n’ai pas de solution miracle, ni de méthode révolutionnaire, ce que je vais vous dire vient simplement de mon expérience de coureur à pied. J’ai commencé la course à pied quand j’avais 22 / 23 ans (je vais sur mes 41 en mars 2013 arf). Je venais du rugby, mon club était dissous pour des problèmes financiers. Je me suis tourné vers la course à pied, car c’était un sport facile d’accès, qu’il n’y avait pas de contraintes horaires, que je pouvais courir où je voulais. J’ai commencé par de petits joggings ou footings. 30 minutes par ici, 40 minutes par là, 2 ou 3 fois par semaine, sans aucun objectif. Je n’écoutais que mes envies du moment. Je me suis aperçu alors que je n’étais pas le seul à courir régulièrement, du moins dans les mêmes créneaux horaires. Quand vous courez, prenez le temps de regarder les coureurs (ou coureuses ça c’est plus facile hihihi), et vous verrez à force des têtes familières.

C’est la première leçon qu’il faut retenir : vous n’êtes pas seul(e). Si comme moi, vos collègues ne comprennent pas pourquoi vous courez le long d’une route ou sur les chemins, pensez à tous ceux ou celles qui font les mêmes gestes que vous. Il n’y a pas plus pire que votre entourage (famille, collègue, amis) pour vous faire décrocher de la course à pied. Combien de fois avez-vous baissé pavillon pour faire un apéro avec les voisins ou aller au resto avec la famille? Beaucoup trop de fois ? Il faut donc inverser la tendance ! Je l’avoue, ce n’est pas évident, surtout au début. Même maintenant c’est parfois délicat, mais mes proches savent que ma priorité est le sport et parfois, je me suis même surpris que ce sont eux qui s’adaptent à mes contraintes horaires !

Comment j’y suis arrivé ?

Ne vous inquiétez pas, je n’ai pas sorti le couteau ou la lance roquettes et les ai menacés. J’ai simplement persévéré dans mes activités sportives. Au début de ma pratique sportive, la seule condition que je m’étais imposée était de courir 2 heures ou 3 fois par semaine. Mais toujours par plaisir, il ne faut pas l’occulter, c’est le plus important. C’est très simple à mettre en place. Quand vous venez de courir, prenez votre calendrier et inscrivez votre sortie et le temps chronométrique que vous avez couru. Et vous verrez de suite ce qu’il vous reste à faire, et vous vous organiserez pour les jours à venir. Sans vous imposer quoi que soit, sans avoir besoin d’un plan d’entraînement, vous allez rentrer dans la routine du coureur, qui a besoin de ses quelques heures de sport par semaine. Et cette routine, même si j’aime pas trop ce mot, va aussi rentrer dans le quotidien de votre entourage. Ils vont s’habituer à cette nouvelle façon de vivre, et ne s’offusqueront pas lorsque vous repoussez un apéro pour achever votre entraînement. Bien sûr, soyez-en sûr, ils râleront, mais tenez bon, car ils vous prendront en estime, même s’ils ne comprennent pas pourquoi vous faites cela. Vous entendrez des “ il est fou d’aller courir “ mais aussi “ il a du courage “ ou des “ ah si j’avais la motivation je pourrais le faire “…

Je pense que ce fut ma première victoire. Ma pratique sportive est rentrée dans mon quotidien, dans celui des proches et de mes collègues aussi. Il n’est pas rare d’entendre, lorsque je ne fais pas de sport, des “ tu es malade ? “ ou “ tu es blessé ? » Parfois, il est vrai je n’ai pas envie d’aller courir. Je regarde alors mon calendrier et si je vois que je n’ai rien fait de la semaine, et que la fin de cette dernière approche à grands pas, j’ai trouvé ma petite étincelle pour aller trottiner à l’extérieur.

Une autre source de motivation est d’avoir une compétition en vue, cela peut être aussi bien un 5 kilomètres qu’un marathon ou une course d’orientation. Le fait de savoir que je me suis inscrit à une épreuve donne aussi des ailes. On a envie de donner le meilleur de soi, du moins, de faire au maximum de nos possibilités du moment. Qu’importe le classement final ou le chronomètre établi, nous essayerons toujours de faire bonne figure.

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Mettre un dossard peut paraître banal, mais chez beaucoup de coureurs, cela entraine la modification de nombreux facteurs : motivation, persévérance, estime de soi, combativité retrouvée, et plaisir. Le plaisir de participer, le plaisir de courir, le plaisir de s’étalonner par rapport aux autres, par rapport à soi-même, et le plaisir de passer la ligne d’arrivée. Sans plaisir on n’est rien.
Je vais vous raconter comment j’ai franchi le cap des compétitions. Souvenez-vous, j’ai arrêté le rugby, je me suis mis à la course à pied. Je courais régulièrement 3 fois par semaine sans aucun but. Un jour, un collègue de travail, un acharné du macadam, me prend à part et me demande : “ Pourquoi tu viens ne pas faire un 10 kilomètres ? “, j’ai alors répondu que je n’avais pas le niveau, et blablablabla…

Il m’a alors rassuré en me disant qu’il y aurait tant de monde que personne ne remarquerait mon niveau, mais qu’au contraire, les spectateurs seraient admiratifs, et que l’essentiel est que je prenne du plaisir (encore celui-là !).  Je me suis donc inscrit à mon premier dix kilomètres : ce fut l’Humarathon en région parisienne.

J’ai voulu tellement bien faire que je suis parti très vite et j’ai explosé. J’ai craché mes poumons, j’ai eu le souffle haletant, mais j’ai vaincu et j’ai franchi la ligne d’arrivée, heureux. J’ai eu ma médaille, mon tee-shirt, un super ravitaillement. Bref, je savais que je remettrais ça…Essayez donc, inscrivez-vous à une course (un 5 kilomètres pour commencer si vous ne vous sentez pas trop en forme), mettez ce dossard, respirez, courez, faites-vous plaisir et échangez vos émotions avec les autres participants pendant la course et bien sûr,une fois la ligne d’arrivée franchie.

Rappelez-vous au début de mon article, je vous avais dit que vous n’étiez pas seul. Et l’union fait la force, c’est bien connu. L’envie ou la motivation peut aussi venir des autres, des adversaires comme des partenaires de jogging. La course à pied est un formidable vecteur social. On se découvre soi même déjà, on y fait aussi des rencontres, on lie connaissance avec d’autres individus qui partagent la même passion que nous.  J’ai rencontré ma femme de cette manière, d’autres ont connu leurs ( futurs ) employeurs en faisant leur jogging du dimanche. Et bien sûr, on peut s’y faire des ami(e)s et trouver des nombreux partenaires d’entraînement.

Ces derniers seront les premiers à vous remotiver ou à vous redonner l’envie d’aller courir si vous avez un coup de blues, ou si les conditions climatiques sont mauvaises. En groupe, ou au moins à 2, c’est plus facile, même si l’on discute pas forcément en courant. Mais sentir la présence de ses partenaires peut aider à réaliser vos sorties d’entrainements.

Et si après une longue période où vous avez été assidu et régulier, et que n’y porter un dossard, ni vos partenaires ne vous apporte la flamme nécessaire ? La meilleure manière est de couper une à deux semaines, sans penser à la course à pied. Votre corps et votre esprit ont besoin de se régénérer et c’est normal. D’ailleurs, les “ pros “ le font, beaucoup de coureurs coupent 2 à trois semaines, 1 à deux fois dans l’année. Nous ne sommes pas des machines, nous avons droit au coup de mou, et il est nécessaire alors de s’arrêter quelque temps pour mieux repartir. Vous verrez, qu’une fois cette semaine (ou deux) de repos, l’envie va vite revenir et que vous retrouvez vos chaussures de running ou de trail avec énormément de plaisir ! Reprenez doucement durant les 2 semaines suivantes sans chercher à reproduire les chronos d’avant la coupure et écoutez votre corps, c’est lui le maître…

Souvent on a la motivation pour aller courir, mais on manque de temps. Le travail, les enfants à amener à la garderie, les taches ménagères, la famille, les problèmes soudains et de dernières minutes, bref, les occasions sont nombreuses pour nous obliger à repousser nos sorties sportives. Parfois la journée est tellement remplie qu’il est impossible de caser son entraînement.

Si impossible que cela ? Vous en êtes sûr ? Vraiment sûr ?

Prenons plusieurs cas de figure, la pause de midi, entre 12 heures et quatorze heures. Vous pouvez largement caser un entraînement de 45 minutes. Avec la douche et un repas sous forme de sandwich ou hamburger (fait maison bien sûr) avec un laitage et un fruit, il vous restera même du temps pour flâner. Dans cet exemple, le problème épineux est la présence d’un vestiaire, du moins d’une douche. Si votre société ou entreprise n’en possède pas, démissionnez et trouvez-en une autre !

Non je rigole, revenez…vous pouvez très bien vous doucher au club de musculation du coin, souvent ils proposent des formules hammams et piscines, ou bien chez un collègue ou ami qui habite près de votre lieu de travail.

Autre cas de figure, prenons votre trajet domicileLieu de travail. L’inverse est aussi possible. Si vous avez des horaires de bureaux et que vous êtes souvent dans les bouchons, peut-être vous pourriez en faire une partie en courant. Pour cela, il faut vous organiser pour les affaires de rechange, le sac à dos, ou alors plus simplement laisser à votre bureau vos affaires de change la veille de votre entraînement et vous n’aurez plus qu’à partir de chez vous en courant. Vous êtes un petit veinard , qui peut se vanter d’aller au boulot en courant ??? :)


Vous pouvez aussi scinder votre entraînement en deux parties. Le matin, juste avant d’aller au travail, vous faites une petite sortie de 20 / 30 minutes. Et pas besoin de se lever à 4 heures du matin pour y aller, vous vous réveillez juste 35 minutes avant, un jus de fruit et/ou un laitage, vous partez avec une barre ou un gel en réserve (on ne sait jamais). À votre retour, il est l’heure à laquelle vous vous levez habituellement. Et le soir, en revenant d’une journée de labeur, vous pourriez vous détendre en trottinant 20 à 30 minutes. Et hop, ni vu, ni connu, vous avez casé 1 heure d’entrainement. Je le fais de nombreuses fois, et je peux vous dire que l’on se sent super bien le soir, détendu, tranquille et de bonne humeur…et quel plaisir (encore lui) !

Ne faites pas non plus l’erreur de programmer uniquement vos séances le week-end ?

Et cela pour plusieurs raisons :

D’abord, nous l’avons vu plus haut, un imprévu est vite arrivé. Et si ce dernier vous tombe dessus, vous serez coincé pour votre fin de semaine et votre programmation des entrainements hebdomadaires coulera plus vite que le Titanic. Reportez une séance, ce n’est pas bien grave, mais reportez une semaine l’est plus. Car vous pouvez alors rentrer dans une spirale négative. J’ai déjà vu des coureurs qui ont reporté une semaine de sport, puis deux, puis…ne plus rien faire !!!

Ensuite, le week-end est en général réservé à la famille, les enfants. Si vous leur imposez déjà vos contraintes horaires de travail, si en plus, vous leur rajoutez vos entraînements sur vos jours de repos, j’en connais qui vont faire la grimace…

Je vous conseille de faire une partie de vos séances en semaine et réservez au moins un jour de votre week-end à votre famille. En coupant la poire en deux, vous contribuerez à la paix familiale.
Et pourquoi ne pas faire votre sortie de course à pied avec vos enfants ou votre femme, même si le sport n’est pas leur passion ? Il existe plusieurs manières de le faire : elle peut par exemple vous accompagner en vélo. Vous suivre ne devrait pas trop lui poser de problème, sauf si vous êtes un avion qui court à 20 kilomètres par heure…Idem avec vos enfants, vous courez, si vous prenez trop d’avance, vous revenez les chercher.

Pour les enfants, la course à pied étant devenue un sport de masse, vous trouvez maintenant dans le commerce des poussettes qui permettent de tracter (ou de pousser) les plus jeunes.
Allier votre entraînement et ballade en famille est tout à fait possible. Toute la famille en retirera énormément de plaisir (purée il est tjrs là lui), et vous aurez fait d’une pierre deux coups.
Je vois que des mains se lèvent au fond de la classe avec une question récurrente : et l’hiver, on fait comment ? Quand la pluie tombe sans cesse, qu’il neige, qu’il fait nuit, qu’il fait froid ?
Ah là j’avoue, il faudra un peu plus de courage que d’autres jours. Mais guère plus. Pourquoi ?

Première raison : La course à pied est formidable, car l’élévation de la température de votre corps est extrêmement rapide. Quelques minutes suffisent pour se réchauffer.
Deuxième raison : Vous n’êtes pas exposé aux vents et à l’air comme peut l’être un cycliste. Quand vous courez, votre vitesse de déplacement reste quand même assez lente, vous n’êtes pas sensible à l’air ambiant autant qu’un cycliste ou motard.
Troisième raison : L’équipement. Maintenant, de nos jours, on peut s’équiper running sans trop dépenser. Il faut prévoir plusieurs couches (maximum 3 en comptant le coupe-vent ou la veste gore tex), protéger surtout vos extrémités (tête et mains surtout), un collant long et le tour est joué. Prévoyez aussi dans vos tenues des parties réfléchissantes si vous courez la nuit.

Pensez aussi que ces tenues sportives s’adaptent aussi à la vie quotidienne, exception faite du collant je vous l’accorde. Une polaire de running peut servir à différents usages.

Personnellement, je trouve qu’il y a des moments formidables à courir en hiver. Par exemple, quand j’habitais la région parisienne, j’adorais courir après les premières couches de neige. Dès que ce moment rare se produisait, je ne pouvais m’empêcher de sauter dans mes chaussures de trail ou de running. J’aime aussi le brouillard, le fait de se sentir seul, de ne pas avoir les mêmes repères visuels, cela donne d’étranges sensations. Essayez, vous verrez ! Faites quand même attention où vous allez courir, éviter les routes par exemple.


Et la pluie ? Mais j’adore aussi ! Courir sur un chemin côtier alors qu’il pleut, que la mer est agitée, que les nuages sont gris…hummmm…je trouve cela génial !

Vous le voyez, tout est possible. Il suffit souvent de le vouloir, de trouver les bonnes astuces, de bien savoir faire partager votre passion de la course à pied, et de bien s’organiser en cherchant toujours à se faire plaisir (promis j’en parle plus), de trouver des motifs de satisfaction quelques soient les conditions climatiques…

Mais vous êtes toujours là ? Vous me lisez toujours ? Allez hop, chaussez vos baskets, courez et respirez profondément ! Dehors ! Du balai ! Jean Marc du blog Testeurs-Outdoor

Et vous ?

Comment organisez-vous pour pouvoir aller courir ? Laissez-moi votre expérience dans les commentaires juste en dessous. ;)

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Maxence Rigottier

Maxence Rigottier

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