Cas concret d’un pied valgus et d’une foulée pronatrice


Dernièrement, j’étais au Centre Voltaire à Paris avec le podologue Daniel Benjamin. Dans cette vidéo, on va voir ensemble le cas concret d’un pied valgus et d’une foulée pronatrice.

Transcription texte de la vidéo :

Maxence Rigottier : Bonjour à tous, c’est Maxence Rigottier de www.blog-course-a-pied.com. Aujourd’hui, je suis avec le podologue Daniel Benjamin à Paris. Si vous ne le connaissez pas, il est spécialiste des orthèses, des degrés en podologie, il a un diplôme d’université en podologie, appliqué au sport, un certificat européen de la podologie médicale. Dans quelques instants nous allons voir un cas précis d’un pied valgus et d’une foulée pronatrice. Je vais laisser Daniel se présenter en quelques mots et nous expliquer le cas de ce patient que nous allons voir dans la vidéo.

Daniel Benjamin : Je suis Daniel Benjamin, je fais beaucoup de podologie du sport, j’ai des diplômes universitaires de podologie du sport. Je suis également en train de finir un master en biomécanique humaine, tout ce qui est analyse de mouvements, de marche, de foulée… Je vais surement embrayer sur une thèse ou un doctorat dans le même milieu. Et effectivement, comme tu le disais, je ne fais que des orthèses plantaires, des semelles orthopédiques (ça représente l’intégralité de mon activité professionnelle) autour de pas mal de sportifs. On va voir un patient classique, une consultation très classique, qui a un pied valgus qu’on appellerait un pied hyper pronateur dans le milieu sportif. La pronation c’est le pied qui se couche vers l’intérieur. Par exemple je suis en train de faire de la pronation de ma main. Donc le pied qui se couche en valgus comme ça c’est vraiment un pied pronateur, le pied s’effondre vers l’intérieur de manière excessive et trop importante lorsqu’on court. Il faut faire attention quand on lit tout ce qui est blog de course à pied, etc. il y a pas mal de bêtises dedans, et surtout on a l’impression que la population en général associe le mot pronation à quelque chose de mauvais. Alors que quand on marche ou quand on court, on est obligé de faire de la pronation. On ne peut pas avancer si on ne fait pas de pronation.

Maxence Rigottier : C’est instinctif, naturel chez nous.

Daniel Benjamin : Le pied est fait pour ça.

Maxence Rigottier : On ne peut pas faire autrement.

Daniel Benjamin : ça va être compliqué si tu fais autrement. Tu risques d’en souffrir pas mal. Ce qui se passe c’est qu’il ne faut pas non plus en faire trop. Et quand on parle d’un pied valgus ou d’un pied hyper pronateur, c’est un pied qui fait trop de pronation. Donc ce qu’il se passe, c’est que pour ce monsieur son pied s’effondre, il a une foulée qu’on appelle pronatrice, et du coup il tire sur sa structure musculaire et notamment sur un muscle qui s’appelle le tibial postérieur d’où le grand rôle est de faire un travail excentrique pour freiner l’affaissement du pied. Et donc ce qui se passe, c’est que ce monsieur à cause de son affaissement trop important tire sur son tibial postérieur qui tire sur ce dont on parlait tout à l’heure la peau névrose jambière de recouvrement et lui déclenche des périostites tibiales. C’est un cas qui est très très classique en podologie du sport, et donc il faut lutter contre cette foulée hyper pronatrice pour limiter les excès de fraction et soulager la périostite tibiale.

Maxence Rigottier : D’accord. Et Quel type de semelle est recommandé dans ce cas ?

Daniel Benjamin : Le type de semelle orthopédique qu’on va rencontrer le plus fréquemment en podologie du sport c’est des semelles thermo-formées, thermo-soudées ou thermo-moulées. Ce sont des paires de semelle que l’on prend, que l’on va chauffer sous vide, il y a des espèces de petits coussins en silicone que l’on peut durcir, on va prendre une empreinte du pied et mouler la paire de semelle sous vide en essayant de produire un effet supinateur à la semelle pour lutter contre la pronation du pied. Nous avons la chance d’avoir la génération d’après, c’est à dire qu’on utilise des scanners en 3 dimensions et des grands robots à commande numérique pour fabriquer des semelles sur mesure parce que pour le scan en 3 dimensions du patient on lisse la semelle exactement à la forme du patient, ça se fait au millième de mm près (je ne sais pas si c’est utile d’être précis à ce point là mais en tout cas c’est ça). Du coup on a un travail de précision qui est quand même très important et qui permet d’avoir des résultats particulièrement à la hauteur.

Maxence Rigottier : D’accord. Donc n’hésitez pas, regardez tout de suite les images pour visionner ce type de pied.

Daniel Benjamin : Donc là on a ce patient dont tu vois par exemple que si tu t’approches et que tu vois ses empreintes, tu vas voir qu’elles sont un petit peu bizarres. Il y a une petite perte d’appui à l’extérieur du pied. C’est parce que son pied se couche trop à l’intérieur. C’est typiquement ce qu’on appelle un pied valgus ou un pied hyper pronateur. Et ce patient avec son pied hyper pronateur justement a des périostites tibiales parce que son pied va beaucoup trop se coucher vers l’intérieur, du coup il va beaucoup trop solliciter ce que l’on appelle notamment le muscle tibial postérieur ici et également son triceps sural et notamment son soléaire et ça va faire ce que je te disais tout à l’heure. Ça va tirer sur la peau névrose de recouvrement jambière et tu vas te retrouver avec des périostites tibiales qui sont bien douloureuses chez ce monsieur. C’est un cas classique, typique. Avec la semelle orthopédique on va obliger le pied à se restructurer pour qu’il retrouve un empreinte physiologique, avec un soutien sur la voute plantaire et amener l’arrière pied et l’avant pied en supination. Du coup, typiquement ça va permettre de limiter les excès de traction au niveau de son médio-pied, au niveau de son arrière pied et de limiter les douleurs au niveau des périostites tibiales.

Une foulée hyper pronatrice, donc tu vois son pied qui va avoir tendance à se coucher vers l’intérieur et tu vas voir la manière dont sa ligne de charge se comporte au niveau de son pied qui va beaucoup se coucher vers l’intérieur. La charge va être interne avec des appuis assez importants à l’intérieur du pied et très peu d’appui plantigrade. Ce type de foulée, de manière répétitive et de manière intense va accentuer les douleurs du patients et va avoir tendance à réveiller ses périostites. Justement, ces analyses de foulée qu’on a au centre Voltaire sont très intéressantes puisque tu te retrouves à avoir tous les paramètres de pression et de force qui sont ici, tu as la vidéo et tu as tous les paramètres spatio-temporels également qui te permettent de voir justement si le coureur notamment a des troubles de symétrie ou des asymétrie dans sa foulée. Par exemple on voit bien cette foulée pronatrice chez ce patient.

Et vous ?

Avez-vous une foulée hyper-pronatrice ? Laissez-moi votre réponse dans les commentaires juste en-dessous.

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Maxence Rigottier

Maxence Rigottier

    4 Commentaires

    •    Répondre

      Bonjour Maxence,
      il manque une précision qui a son importance concernant la souscription à ton offre “courrir plus vite” !!!
      le prix demandé est-il un forfait ou y a-t-il une périodicité (mensuelle, trimestrielle, annuelle) ?
      Merci pour ta réponse

    •    Répondre

      BJR JE SUIS EXACTEMENT COMME CE MONSIEUR ,MAIS DEPUIS QUATRES ANS PËRSONNE N A REUISSI A ME FAIRE PASSER CELA , JE SUIS ALLE CHEZ CINQ PODOLOGUE QUI CHAQUE FOIS ME FONT DES SEMMELLES ,MAIS J AI TOUJOURS MAL ,JE PENSE QUE DANS MA REGION PERSONNE N EST CAPABLE DE ME SOIGNE ,DEJA JE N AI JAMAIS VU UNE MACHINE COMME DANS LA VIDEO

    •    Répondre

      Merci beaucoup Maxence!
      Souffrant de genou valgum, je suis très contente d’avoir pu visionner une vidéo qui en parle. J’aimerai beaucoup savoir si ma malformation peut quand même permettre de courir barefoot ou minimaliste avec quelqu’un qui connaît bien ce type de course…ce qui serait une autre réponse, plus naturelle que la semelle orthopédique que j’ai déjà et qui m’agace…
      merci et à bientôt!

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