Faire un tour de France en courant, est-ce possible ?


Dernièrement, je participais à l’évènement “je suis un recordman du Monde” et j’ai eu l’occasion de rencontrer Joël Ducrot qui a participé récemment à un Tour de France par équipe en courant. Personnellement, j’ignorais complètement que ce type d’évènement existait et j’ai trouvé cela intéressant d’en savoir plus. Au cours de cette vidéo, vous apprendrez par exemple :

  1. Comment son équipe a couru pendant plus de 15 km/h de moyenne pendant les 15 étapes du Tour de France ?
  2. Comment il doublait des vélos dans des étapes de montagne, sympa, hein ?
  3. L’alimentation qu’il adoptait pour arriver à courir tous les jours !
  4. Le mode de fonctionnement pour réaliser le relais à la perfection

Transcription texte de la vidéo :

Maxence Rigottier : Bonjour à tous, ici Maxence Rigottier de www.blog-course-a-pied.com. Aujourd’hui je suis avec Joël Ducrot qui a réalisé un tour de France par équipe au cours de ces dernières semaines. J’ai trouvé son parcours très intéressant. Est-ce que tu peux te présenter et ensuite nous expliquer ce tour de France que tu as réalisé en courant avec quelques partenaires.

Joël Ducrot : Je m’appelle Joël Ducrot, je suis un amateur dans la piste depuis au moins 5 ans, et mes performances que je fais dans ce sport me font vraiment plaisir, et tout ce que je fais, c’est de l’aventure. Par rapport à « la France en courant », c’est des amis à moi qui m’ont proposé fin mai de faire le relais avec eux parce qu’il leur manquait un coureur. Je leur ai dit qu’il n’y avait pas de problèmes. Je voulais finir d’abord la piste, ne pas être seul. Après quand je suis revenu les voir ils m’ont envoyé des mails pour toutes les affaires, l’alimentation, tout ce dont on devait se servir dans le sport. J’ai juste demandé si on devait payer quelque chose et ils m’ont dit que non, que tout était gratuit, sauf l’après-midi si on va au restaurant.

Maxence Rigottier : C’est à toi de le prendre en charge.

Joël Ducrot : Oui je l’ai pris en charge derrière. Le jour du départ, on est tous partis…

Maxence Rigottier : C’était dans quelle ville ?

Joël Ducrot : Dans le département 27.

Maxence Rigottier : Dans le 27 d’accord.

Joël Ducrot : Et on a fait un départ tous ensemble pour faire le classement en 1er. Pour la 2ème étape, il y a les coureurs qui doivent partir à 3 h du matin. On était l’équipe 2 et on partait à 11 h comme l’équipe 3 équipe 1ère qui revenait vers 3 h du matin jusqu’à mi-étape. Avec les équipes il faut juste bien s’entendre.

Maxence Rigottier : Il y avait combien d’équipes ?

Joël Ducrot : Au total on était 5 dans toutes les équipes.

Maxence Rigottier : 5 coureurs et 3 équipes ?

Joël Ducrot : 3 équipes de 5 coureurs. Et on total on était 8 coureurs dans une voiture, il y avait 2 voitures pour les équipes 1 et 2. Nous on était 4, plus l’autre équipe 4 aussi et ça dépendait s’il y avait des blessés et des remplaçants derrière. S’il n’y avait pas de remplaçant on était obligés de courir à 3 au lieu de 4. C’est eux qui doivent faire plus de distance.

Maxence Rigottier : Et du coup, comment est-ce que ça se passait ? Un coureur courait 5 km, ensuite il s’arrêtait, il montait dans la voiture et un autre coureur prenait le relais et courait 10 km. Comment ça se passait par rapport à son relais ? Quels étaient le nombre de km de chaque étape ?

Joël Ducrot : Pour chaque étape on devait faire 133 km.

Maxence Rigottier : 133 km pour chaque étape.

Joël Ducrot : Oui. Quand c’était une petite étape c’était 66 km ou 59. Chaque coureur doit calculer combien il doit faire dans son tour. Si par exemple je fais 15 km et l’autre coureur fait 15 km, on doit bien s’organiser pour se dire « moi je fais 5, toi tu fais 5 ». S’il veut faire plus, je suis obligé de faire plus. Ça dépendait s’il était vraiment en forme ou pas. Il y a un jour où il flottait de mon côté j’ai dit « je fais les 12 km comme ça je vais pas choper la crève », je lui ai demandé s’il voulait les faire et il m’a répondu oui. Il a fait ses 12 et moi aussi.

Maxence Rigottier : Grosso modo, chaque coureur devait courir la même distance.

Joël Ducrot : Tout le monde la même distance, sauf la fille parce qu’on a plus de force que les filles.

Maxence Rigottier : Du coup vous êtes passés par toutes les grandes villes de France, les Alpes, les Pyrénées, vous avez eu des étapes de montagne comme à un vrai tour de France.

Joël Ducrot : Oui. Je peux te dire que la montagne on l’a sentie. Par rapport aux coureurs en vélo, en montagne on a eu des vélos devant nous et on l’a testé pour voir s’il était plus rapide, et on les a mangé en montant, mais en descendant c’est eux qui nous ont bouffé.

Maxence Rigottier : Vous alliez plus vite qu’un vélo ?

Joël Ducrot : On était plus rapides qu’un vélo en montagne.

Maxence Rigottier : Vous couriez à quelle vitesse ?

Joël Ducrot : 12-13 à l’heure en montagne.

Maxence Rigottier : Ce qui est quand même énorme. C’était quoi du 10% ?

Joël Ducrot : 7%.

Maxence Rigottier : 7% à 12 à l’heure. Imaginez quand même le rythme. Il y avait du niveau.

Joël Ducrot : Il y avait du niveau mais quand tu veux faire 1.000 m en descendant, tu prends ton chrono et tu vois que c’est plus rapide. Je l’ai fait en 2’30 et le 2.000 m je l’ai fait en 5’30 en descendant.

Maxence Rigottier : En descente, 5’30 sur 2 km. C’est sûr que là en vélo c’est largement plus facile d’aller plus vite, ce qui est logique. Mais dans la côte vous alliez plus vite qu’un vélo.

Joël Ducrot : Ça dépendait des fois. En montagne on devait faire 1 km ou 2 pour bien travailler en équipe si tu va vite au début du col, tu craques tout de suite.

Maxence Rigottier : Et concernant l’alimentation, comment vous faisiez pour vous ravitailler ou encore ne pas avoir de fringales, pour pouvoir tenir ?

Joël Ducrot : Il y avait le sponsor Riou, l’après-midi c’est lui qui nous a sponsorisé pour la vitamine C. On avait tous des cartons. Le midi on mangeait ce qu’ils nous donnaient. Le soir on achetait dans les magasins tout ce qu’on ne pouvait pas manger, des pommes tout ça. Et le soir c’est la ville, la commune qui nous offre à manger. Soit c’était charcuterie, patates, poisson, poulet, et des fois la commune nous donnait un plat préparé. Une fois on a été au restaurant et c’est le restaurant qui nous a invité. Pour le matin le petit déjeuner était déjà prêt, qui prennent du lait, c’est des trucs de campagne.

Maxence Rigottier : Et sur le plan de la diététique c’était suffisant pour tenir pour l’étape ?

Joël Ducrot : Il faut manger bien, pas n’importe quoi. Si tu manges comme un gros porc tu ne tiens pas.

Maxence Rigottier : Parce que tu es ballonné ?

Joël Ducrot : Pas ballonné, mais tu ne digères pas assez et tu peux vomir…

Maxence Rigottier : J’imagine. Alors quelle était la distance totale de ce tour de France ? 1.500-1.800 km ?

Joël Ducrot : Si je ne me trompe pas, c’est 1.680 km.

Maxence Rigottier : 1.680 km ?

Joël Ducrot : Si je ne me trompe pas. Sinon il vaut mieux le vérifier sur www.lafranceencourant.org, ils vont bien vous le dire.

Maxence Rigottier : Si vous voulez retrouver toutes les photos, toutes les aventures qu’ils ont réalisé c’est sur www.lafranceencourant.org.

Joël Ducrot : Sinon aussi sur mon site il y a les photos, il y a tout. Et vous pouvez tout voir sur www.lafranceencourant.org.

Maxence Rigottier : Et tu retraces jour par jour ou c’est plus un aspect global du cursus ?

Joël Ducrot : Il y a presque un petit peu tout. À chaque étape j’ai pris des photos de tous les coureurs qui passaient, tous les restaurant… Et une amie de « la France en courant » qui a pris des photos, qui mettait des commentaires et elle les a mis sur le site  www.lafranceencourant.org.

Maxence Rigottier : Parfait. Et pour finir sur une dernière question, qu’as-tu ressenti ? Est-ce que tu as été heureux de faire cet événement ? Est-ce que tu as pu visionner et voir plein de nouveaux paysages, plein de choses que tu n’avais jamais vues par le passé ?

Joël Ducrot : Tout ce que j’ai vu c’était magnifique. Chaque fois qu’on courait dans les ville on allait à droite à gauche. On est allés dans un cimetière militaire, on a pas eu le temps de s’arrêter, mais c’était un cimetière militaire de la guerre de 1943-1944. Il y a eu des combats avec des allemands qui étaient en haut de la colline et les français et les allemands qui étaient dans la cavalerie se sont fait tirer dessus. C’est la guerre qui a fait le plus de morts. Ils ont déterré beaucoup d’os humains.

Maxence Rigottier : Ça t’as marqué.

Joël Ducrot : Ça m’a marqué parce que j’ai pas l’habitude de voir ça. Mais c’est vrai que celui-là, quand tu es là-haut… C’est un peu dommage que ce ne soit pas assez bien divisé pour que tout le monde voit tout lors du tour de France.

Maxence Rigottier : J’imagine. Pour le tour de France il y a un engouement incroyable, tout le monde est sur le bord des routes pour encourager les coureurs, et pour vous il n’y avait quasiment personne.

Joël Ducrot : Il y avait des villes où des fois on nous déposait pour manger, et c’est un peu dommage que personne ne voit ce qu’on fait comme sport.

Maxence Rigottier : Oui parce que c’est au moins aussi dur que du vélo.

Joël Ducrot : C’est plus dur ce qu’on fait parce que par rapport à eux —

Maxence Rigottier : Et quelle a été la vitesse moyenne de ce tour de France ?

Joël Ducrot : 16,15 à l’heure.

Maxence Rigottier : 16 à l’heure de moyenne !!! Imaginez ces 1.680 km à 16,15 km/h de moyenne. C’est tout simplement énorme. Mais tu as un record personnel sur 10.000 à 1h08.

Joël Ducrot : 1h08 sur 10.000 à Nancy aux championnats de France.

Maxence Rigottier : Ça montre déjà le potentiel et le niveau que tu as.

Joël Ducrot : Oui mais il faut travailler dessus parce que si tu ne travailles pas dessus tu ne peux pas faire 1h08, comme tout le monde.

Maxence Rigottier : Je suis 100% d’accord avec toi. Ça ne t’es pas tombé dessus de manière innée.

Joël Ducrot : Tu ne peux pas savoir si tu peux battre ton record ou pas. Tu sais que si tu es bien entraîné derrière, que tu as un bon entraîneur qui te coache bien, tu peux battre des records. Si tu t’entraînes tout seul dans ton coin tu ne peux pas progresser.

Maxence Rigottier : Il faut vraiment être en groupe pour se tirer et se motiver et s’aider.

Joël Ducrot : C’est juste comme ça.

Maxence Rigottier : Merci pour ton retour d’expérience par rapport à cela, et j’espère que dans les prochaines années… Tu comptes le refaire peut-être l’année prochaine ?

Joël Ducrot : Ça dépendra par rapport à ma situation professionnelle, familiale…

Maxence Rigottier : Tu as apprécié et ça ne te dérangerait pas de le refaire.

Joël Ducrot : J’ai apprécié. Il n’y a pas que moi, tout le monde voulait le refaire, c’est comme une maladie et t’as envie de le refaire, mais des fois il faut préserver un peu sa vie personnelle. Mais j’ai dit que ça m’intéressait donc on m’a dit tu vois, Dominique Chevalier, si ça t’intéresse. J’ai dit incroyable. Dans ce cas là je gère tout ce qui est à côté. Après s’ils veulent de moi, je suis pour.

Maxence Rigottier : Merci d’avoir visionné cette vidéo. N’hésitez pas à la partager sur Facebook, Twitter ou Google +. Et pour ma part je vous dit à bientôt pour de nouvelles vidéos.

La France en courant, c’est ici !

Voici un aperçu de l’itinéraire 2014 (au cas ou vous entendriez cet évènement dans votre département). Ce n’est pas aussi connu que le tour de France à vélo mais les coureurs ont au moins autant de mérite, n’est-ce pas ?

la-france-en-courant-2014

Le projet de la France en courant 2014

Plutôt qu’un long discours, voici une vidéo tournée pendant le tour de France 2013 en courant pour visionner des superbes paysages.

Et vous ?

Courez-vous dans plusieurs régions de France ? Aimez-vous vous retrouver avec la nature pour courir ? Laissez-moi votre réponse dans les commentaires juste en dessous. ;)

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