Mon interview vidéo avec Antoine De Wilde : Champion de France 2008 du 3000m steeple


L’interview en audio :

Au dessus de ce message, vous n’avez qu’à cliquer sur le bouton « play » du lecteur Audio pour écouter l’interview, il se peut que le lecteur mette quelques secondes avant d’apparaître.

Vous pouvez l’écouter directement sur le blog en cliquant sur le bouton « play » ou le télécharger en cliquant sur « télécharger » ou en faisant un clic droit ici puis « enregistrer le lien sous…. ».

L’interview en vidéo :

Fiche Antoine De WildeAntoine De Wilde

Vous pouvez consulter la fiche FFA (Fédération Française D’athlétisme) d’Antoine de Wilde en cliquant ici.

Vous pouvez retrouver Antoine De Wilde sur sa page fan facebook  en cliquant ici

Si vous êtes résident Marseillais, rejoignez le Marseille Morning Footing tous les jeudis ou les Mardis à 6h30 place Castellane. Énormément de coureurs joyeux et souriants seront là pour vous accueillir. Retrouvez Antoine au Marseille Morning Footing (MMF) sur leur page fan Facebook en cliquant ici

Transcription texte de l’interview vidéo d’Antoine De Wilde par Maxence Rigottier

Maxence Rigottier : Bonjour, c’est Maxence Rigottier de Blog-course-a-pied.com. Aujourd’hui j’ai l’honneur d’accueillir Antoine De Wilde qui a eu la gentillesse d’accepter l’interview. Alors Antoine, c’est l’un des rares français à être coureur professionnel. Alors pour toutes les personnes qui ne connaissent pas Antoine, Antoine a été Champion de France de Cross Junior en 2004, Champion de Cross Espoir en 2006 et Champion de France du 3000m steeple en 2008. Par ailleurs, Antoine compte trois sélections en équipe de France. Alors je vais laisser Antoine se présenter un petit peu pour qu’il nous parle un petit peu de son parcours depuis ses débuts à aujourd’hui. Alors, je vais laisser Antoine se présenter.

Antoine De Wilde : Bonjour Maxence, détends toi, je te sens tout tendu pour cette interview. Bonjour à tous tes internautes de ton blog de course à pied. Donc Antoine De Wilde. Donc j’ai 26 ans, je réside à Marseille. Je suis licencié au club de l’AO Nivernaise en Bourgogne. Donc effectivement je suis coureur professionnel pour tout un tas de raisons par rapport à mes performances et au soutien aussi inexorable des mes partenaires. Et donc, voilà je réside à Marseille depuis un an et demi sous la houlette de Philippe Raymond ancien international français qui a été double champion de France sur marathon en 1994 et 2001, qui a aussi fait 11ème au championnat du monde sur marathon sur la même distance à Athènes en 1997 et qui a gagné les plus grande classiques françaises, telles que le Marvejols-Mende, les 20Km de Paris et pour l’anecdote donc il a un record à 2h11 sur marathon. Donc voila je suis maintenant sous son épaule depuis maintenant trois ans, depuis mon retour d’Éthiopie en 2008.

Maxence Rigottier :

D’accord. Du coup raconte-nous un petit peu ton quotidien. Quels sont tes types d’entraînements ? Comment se passe le quotidien d’un coureur professionnel ?

Antoine De Wilde : Une journée type se décompose le matin… Moi j’ai pour habitude de me lever assez tôt. J’estime que ma journée est dédiée en fait à la course à pied, donc je conçois mal de me lever à 11h. C’est plus un état d’esprit de me lever tôt pour consacrer ma journée et mon temps à l’athlétisme. Je me lève relativement rarement au delà de 7h30. Je vais faire un réveil musculaire le matin d’une dizaine de kilomètres pour réveiller un petit peu mon corps pour ce qui va suivre en fin de journée, qui va être une séance plus spécifique – soit de VMA courte, VMA longue ou une séance de préparation physique musculaire. Entre ces deux entraînements, il y aura une sieste ou un passage chez le masseur ou le kiné par rapport aux rhumatismes ou aux traumatismes qu’il peut y avoir sur le corps tout au long de la semaine.

Maxence Rigottier : D’accord, donc pour résumer c’est soit du biquotidien ou juste une séance dans la journée…

Antoine De Wilde : … soit une fois par jour, oui. Il y a même des journées où c’est le repos complet. Quand vraiment le corps a besoin de se régénérer, je pense que la récupération c’est parfois le meilleur des entraînements. Faut pas trop tirer sur la corde, et aussi pour alterner un petit peu les entraînements course, soit sur le macadam soit en forêt, j’ai découvert depuis peu l’aquajogging. C’est un peu la même gestuelle que la course sauf qu’on est soutenu par une ceinture qui nous maintient la tête hors de l’eau. Donc on fait à peu près la même durée qu’un footing classique et ça attenue évidemment les chocs au sol et ça permet de faire bosser tous ses cardio-vasculaires. Pour information, la force de l’eau est seize fois plus forte que la force de l’air, donc forcément on travaille un petit peu plus en résistance et en force en gagnant les chocs au sol, forcément.

Maxence Rigottier : D’accord, donc c’est à chaque fois que tu ressens ton corps fatigué que tu t’imposes une journée de récupération ou c’est vraiment dans la sensation?

Antoine De Wilde : À l’avant-veille des grandes compétitions, le vendredi, je ne m’entraîne jamais. Le vendredi je fais toujours repos, le samedi je fais un échauffement complet et ensuite j’ai la compétition le dimanche et puis vraiment quand je sens que je suis vraiment fatigué, que je suis en fin de cycle et que ça commence vraiment à être très dur, je m’accorde une demi, voire une journée de repos pour me régénérer un petit peu, sortir avec les amis, aller au cinéma, enfin me changer un petit peu la tête et pour remettre le tablier de travail tout de suite derrière parce que quand on s’entraîne une à deux fois par jour, si on relâche un peu deux-trois jours on a tout de suite ce manque, donc on va revenir tout de suite sur le droit chemin après cette période de récupération.

Maxence Rigottier : D’accord. Et là, tout de suite, tout le monde doit se poser une question : comment tu fais mentalement et psychologiquement pour justement ne jamais craquer et arriver à t’entraîner régulièrement. Est-ce que déjà dans ton esprit tu as déjà pensé abandonner la course à pied. Comment tu fais pour justement tout le temps t’entraîner et pouvoir progresser.

Antoine De Wilde : Moi à la base je suis un compétiteur que ce soit en course à pied ou dans d’autres domaines. Moi je m’entraîne pour gagner. Je n’ai pas d’autre objectif que de gagner et de bien figurer dans le cahier de compétition. Maintenant c’est sûr qu’on a des passages difficiles en course à pied. Je pense que tout coureur, on est passé par la tête de se dire « c’est bon, je lâche tout, je range les baskets au placard et je ne veux plus entendre parler de la course à pied ». Ça, ça arrive à tout le monde, c’est psychologique. Maintenant quand on tombe de cheval il faut tout de suite remonter dessus. Moi, maintenant, je vais peut-être te surprendre un petit peu, c’est que je suis loin d’être un passionné de la course à pied, je suis pas du tout passionné. Chez moi, je n’ai aucune revues, j’ai pas de photos, j’ai pas de médailles qui dépassent, rien, mais par tout un tas de circonstances j’en ai fait mon métier et mon activité au jour d’aujourd’hui tourne autour de l’athlétisme, ce qui est devenu pas forcément une passion mais un plaisir au quotidien. Mais c’est vrai que j’ai pris beaucoup de plaisir à courir quand par exemple je suis en bonne forme ou j’ai de bonnes sensations, ou forcément dans des cas de victoire, c’est les moments où on est vraiment fier de soi.

Maxence Rigottier : D’accord. Déjà, félicitations pour arriver à avoir un tel niveau de performance en n’étant pas passionné. Pour tous les coureurs comme moi qui ont un niveau intermédiaire et qui aimeraient avoir ton niveau de performance, quel message et quels conseils aimerais-tu nous faire passer et nous dire pour qu’on arrive à progresser.

Antoine De Wilde : Je n’ai pas forcément de conseils on a tous une ligne de conduite personnelle. Maintenant, la notion de plaisir reste importante, je pense qu’il ne faut pas aller à l’entraînement ni en compétition à reculons, il faut vraiment avoir envie d’y aller, ça c’est quelque chose qui est primordial. Je pense que pour progresser, il faut inexorablement se rapprocher d’un groupe, soit d’un group d’entraînement, soit d’un groupe de joggeur, soit d’une structure fédérale comme un club – il y a énormément de clubs en France – donc ça je pense que c’est important pour bénéficier d’une émulation d’athlètes. Ensuite il faut se fixer des objectifs, parce que c’est avec des objectifs qu’on avance et donc on va pouvoir progresser et s’étalonner au niveau des autres et au niveau de ses propres performances.

Maxence Rigottier : D’accord. Si vous couriez dans votre coin jusqu’à présent, écoutez le conseil d’Antoine qui est excellent: essayez de vous rapprocher au maximum d’un club, le plus proche de chez vous, et grâce à l’effet de groupe vous allez avoir une émulation et logiquement, si vous n’avez pas de blessure, vous allez arriver à progresser très rapidement.

Alors tout à l’heure tu nous as expliqué un petit peu que c’était en Éthiopie que tu avais pu progresser. Raconte-nous un petit peu ton vécu et les différents mois où tu as pu côtoyer les meilleurs du monde. Tu as pu courir avec Kenenisa BEKELE qui est le champion du monde de 10 000 mètres et de cross. Tu as pu courir également avec Haïlé GREBRESSELASSIE.

. Tu as vraiment pu côtoyer des athlètes de très très haut niveau. Qu’est-ce que tu as ressenti et comment ça t’a transformé dans la course à pied ou dans ton quotidien?

Antoine De Wilde : Bon je reprends ta question du début. Le passage en Éthiopie m’a fait progresser, ça c’est sûr, mais avant ce qui m’a fait progresser c’est d’avoir rejoint un club et d’avoir récolté tout le travail des bénévoles qui sont dans les clubs, des dirigeants et qui passent leurs soirées à entraîner les petits. Moi je faisais partie des petits. Et c’est eux qui m’ont donné un petit peu l’amour de la course à pied et cette progression constante sans me cramer entre guillemets tout en me donnant cette notion de plaisir et de jeu parce que quand on est un enfant c’est très important. Aujourd’hui je dois cette ascension que j’espère constante dans mon domaine, je la dois déjà à mon club et je la dois aux bénévoles qui m’ont pris en charge très tôt. Ça c’est important. Je pense qu’on est l’arbre qui cache la forêt. Il y a énormément de gens qui travaillent dans l’ombre pour tout un tas de personnes et pour celles qui sont illuminée, où c’est le cas pour le mien. Je suis déjà très fier d’eux et du travail qu’ils ont fait. J’ai bénéficié de toute cette formation crescendo depuis mes plus petites catégories. Ensuite J’ai récolté des titres de champion de France notamment en cross. En 2008, j’ai eu la chance – fin 2007 plutôt – j’ai eu la chance de rencontrer le frère de Kenenisa BEKELE.

Maxence Rigottier : Tariku BEKELE.

Antoine De Wilde : Tariku BEKELE, exactement. Il m’a proposé de pourquoi pas m’orienter vers l’Éthiopie quelques mois pour profiter de leur préparation. J’ai pesé le pour et le contre, j’ai consulté mes partenaires, mon employeur, qui était à l’époque la ville de Nevers qui est un de mes partenaires aujourd’hui. J’ai fait le grand saut entre guillemets parce que j’étais à une période où on est un peu chahuté par les copains pour sortir un peu le week-end. On a une crise d’adolescence qui a tardé un petit peu, donc on est un peu sur le fil de rasoir de l’entraînement et de la jeunesse qui est en train de passer, donc j’ai choisi de partir en Éthiopie et ça a véritablement, considérablement changé ma carrière parce que – pardon – j’en ai beaucoup chié là-bas. C’était très dur, parce que je suis parti tout seul et je suis parti très longtemps. Si c’était à refaire je m’y serais peut-être pris avec plus de professionnalisme. Maintenant c’était l’époque qui s’est montrée comme ça. Je me suis entraîné très dur là-bas. J’ai pris beaucoup beaucoup de claques à l’entraînement. Mais j’ai vu des belles choses, j’ai vu ce que c’était la souffrance dans la course à pied, j’ai vu ce que c’était la misère du monde, j’ai vu ce que c’était la solitude et j’ai pu donner une vrai valeur à l’endroit où nous on vit. Ça je pense que c’est important et au fur et à mesure du quotidien, je crois qu’on ne s’en rend pas vraiment compte. C’est tout un tas de choses et un tas de dominos qui se sont étalés qui m’ont ouvert les yeux sur ma carrière athlétique et sur le monde qui m’entoure.

Maxence Rigottier : D’accord. Tu nous as évoqué que c’était très très difficile en Éthiopie, par exemple les entraînements. Donne-nous l’exemple d’une journée quel type d’entraînement avaient les meilleurs du monde.

Antoine De Wilde : On se lève très tôt. Pour ma part je me souviens je me levais à 5h30, à 6h on prenait un minibus pour nous emmener dans les hauteurs d’Addis-Abeba parce que moi j’étais dans la capitale éthiopienne qui est déjà située à 2 500 mètres d’altitude, mais on montait encore plus haut autour de 3000-3200 mètres – on voit sur tout la plaine d’En Toto ça s’appelle – donc on démarrait un footing, un réveil musculaire, bon eux ils appelaient ça réveil musculaire seulement quand on court déjà à 15 ou 16 Km à l’heure à 3000 mètres d’altitude c’est très très dur…

Maxence Rigottier : Ça calme.

Antoine De Wilde  … moi j’ai souffert. D’une j’ai souffert parce que je n’avais pas le niveau. Puis il faut être honnête, je me suis frotté à des athlètes qui étaient beaucoup plus fort que moi et qui s’étaient acclimatés à l’environnement de l’altitude et donc de l’Éthiopie. Les réveils musculaires je prenais aussi des claques. Mais je me suis accroché j’ai pris énormément de plaisir… Vous savez quand vous avez des athlètes de très très haut niveau qui ont eu des médailles aux championnats du monde ou aux Jeux Olympiques et qui font demi-tour sur leur footing et qui reviennent vers vous pour vous chercher, qui sacrifient un petit peu une partie de leur entraînement, ça vous motive vraiment de vous surpasser pour que les derniers ne ralentissement pas les meilleurs et vice versa. Il y a eu tout un tas de secteurs et de domaines où j’ai souffert mais où j’ai progressé par la suite et ça m’a remis directement dans le droit chemin quand je suis rentré ensuite en France.

Maxence Rigottier : D’accord. Du coup là pour 2012, quels sont tes différents projets ? Je suppose que tu as au moins une ou deux compétitions clé dans ta tête.

Antoine De Wilde : C’est sûr que 2012 c’est une année olympique. Le 26 janvier 2011 je me suis fait opérer du tendon d’Achille. J’ai subi ensuite deux mois et demi en béquilles d’immobilisation et un mois et demi de rééducation derrière. Pour revenir cette année ça a été très très dur, c’est toujours très difficile, c’est un peu en dents de scie. Il faut s’accrocher. C’est sûr que l’année 2012, moi je compte beaucoup dessus parce que 2011 a été entre guillemets une année blanche, je n’ai pas pu faire les chronos que je comptais et puis figurer sur les championnats auxquels je comptais participer. Maintenant…

Maxence Rigottier : Ça t’a retardé dans ta préparation entre guillemets.

Antoine De Wilde : Je pense pas que ça m’ait retardé, je pense pas que ce soit le bon terme parce que le seuil de douleur et le laisser-passer entre guillemets, j’avais laisser durer je pense qu’il fallait inexorablement passer par une opération, par des soins. Moi je considère ça comme de l’entraînement, parce que pour courir vite il faut avoir les 100% de ses capacités et moi je les avais pas du tout. J’étais obligé entre guillemets de faire un petit pas en arrière pour pouvoir en faire deux ensuite en avant. Je compte sur 2012 pour prouver que je suis capable de recourir vite. Je vais m’orienter sur les championnats de cross en passant par les régionaux, les interrégionaux et les championnats de France. Ensuite je souhaiterais disputer le semi-marathon de Lisbonne au Portugal le 25 mars prochain en espérant courir moins d’1h05 sur le semi-marathon. Si je fais entre 1h03 et 1h04, je serais très satisfait, pour moi ce sera un déjà bon chrono. Et je pourrais m’orienter progressivement sur la préparation marathon laquelle j’ai commencé en 2010 mais beaucoup trop tôt et avec peu d’acquis et donc je me suis blessé par la suite. C’était très difficile. Pour l’année 2012, c’est important de prendre les objectifs les uns après les autres, d’y aller crescendo et surtout de s’instruire des erreurs qui ont été faites dans le passé. Pour l’instant je vais y aller piano piano comme on dit. J’espère faire les meilleures performances possibles déjà pour moi et aussi pour les partenaires qui me suivent depuis pas mal de temps, j’ai une pensée pour Régis Dumange, c’est un de mes plus gros partenaires, et partenaire historique qui est à mes côtés depuis mes années junior donc depuis 2004. Avec la conjoncture actuelle, c’est exceptionnel. Donc pour Mr Dumange, pour la ville de Nevers, pour mes partenaires qui me soutiennent au quotidien – parce qu’ils sont là au quotidien blessé ou pas blessé – je me dois pas de leur serrer la main et de leur dire merci merci mais moi mon rôle c’est de courir vite et d’apporter la meilleure performance possible.

Maxence Rigottier : D’accord. Du coup pour nous donner un peu un avis chronométrique, tu penses faire quel chrono en 2012 sur 10 Km semi-marathon et est-ce que tu penses te lancer dans un marathon.

Antoine De Wilde : Moi j’ai un record à 29 minutes 34 secondes sur 10Km donc j’aimerais déjà bien battre mon record et passer en dessous de la barrière des 29 minutes 30 secondes et me rapprocher de cette grosse barrière des 29 minutes. Pour 2012 ce sera l’objectif. Ensuite pour ce 1000, comme je l’évoquais précédemment, ça sera de tourner autour d’1h05, voire moins – donc je rentrerais dans le cercle des dix meilleurs français sur la route donc c’est l’objectif. Tant que j’aurais pas réussi à rentrer deux semi-marathon corrects, c’est-à-dire aux alentours d’1h04, je pense que c’est précipité de monter sur le marathon et j’aurais pas assez de base de vitesse ni de résistance pour pouvoir m’orienter sur une préparation marathon qui est très difficile je pense. Le marathon en lui-même est aussi très dur. Pour monter sur le marathon… En toute humilité, ça ne m’intéresse pas de monter sur marathon et faire 2h25. Maintenant il faut pouvoir monter sur marathon et pouvoir envisager un chrono correct et honorable. Si je suis capable de courir deux semi-marathons en 1h04, je peux me préparer pour courir un marathon entre 2h15 et 2h16, entre 2h14 et 2h16 je pense que ma préparation peut tourner autour de ce chrono là si j’ai réussi à rentrer deux semi-marathons en 1h04 sinon proportionnellement ce serait compliqué. Après il y a des semi-marathoniens qui font 1h05 sur semi-marathon qui font 2h10-2h11 au marathon. Seulement je pense que dans mon cas il faut quand même se laisser une petite marge de fatigue et par rapport au culte de la distance parce que si le marathon est aussi dur, ce n’est pas pour rien.

Maxence Rigottier  : J’imagine. Du coup tu viens de dire quelque chose de très intéressante: il faut vraiment se fixer des objectifs et ensuite les faire palier par palier. Antoine vient de se dire « au 10Km je vais essayer de battre mon meilleur chrono qui est 29 minutes 34 secondes » et ensuite sur semi-marathon, tu vas essayer de faire deux semi-marathon en moins d’1h05, et tu passes sur marathon. Si c’est pas le cas tu vas quand même essayer de persévérer sur le semi-marathon.

Antoine De Wilde : Comme je le disais sur les deux-trois questions antérieures, je me sers des erreurs du passé. Avant je faisais un bon chrono, je m’orientais tout de suite vers soit une autre course, soit un chrono qui était vraiment dans un autre monde, soit des objectifs qui étaient trop haut pour moi. Je pense que maintenant il faut y aller petit à petit à petit. On voit que l’entraînement… si un jour on fait 5 x 1000 mètres en 3 minutes, on va pas faire 5 x 1000 mètres en 2 minutes 30 secondes le lendemain… c’est pas possible. Il faut vraiment y aller progressivement. Je pense que c’est important autant pour la vision élitiste que j’ai moi de l’athlétisme que pour le coureur amateur qui prévoit un marathon en 4h30 ou 5h. Il faut vraiment se garder une marge de progression et surtout de durée.

Maxence Rigottier : D’accord. Essayez au maximum d’atteindre tous vos objectifs et ensuite, étape par étape, vous allez progresser naturellement si vous vous entraînez régulièrement. Par ailleurs je voulais vraiment rebondir sur une chose que tu as évoquée tout à l’heure. Tu as dit ‘je me suis blessé fin janvier 2011’. Généralement si vous courez depuis plusieurs années ou si vous voulez courir pour paquet d’années il y a de grandes chances malheureusement que vous ayez au moins une blessure. Je voulais que tu nous raconte comment revenir après une blessure, comment ne pas trop douter et comment revenir au plus haut niveau.

Antoine De Wilde : Pour éviter la blessure, il y a des règles toutes simples: c’est bien s’alimenter, bien dormir, optimiser la récupération, bien s’hydrater et puis être bien équipé.

Maxence Rigottier : Cinq critères indispensables pour éviter la blessure.

Antoine De Wilde : C’est des critères indispensables. Même avec tout ça, parfois on n’arrivera pas à l’éviter. Moi je me suis blessé avec quelque chose de tout bête. J’ai mis une paire de pointe un jour qui était beaucoup trop petite. Je l’ai quand même mise à une compétition et ça m’a provoqué une petite inflammation à l’arrière du tendon d’Achille au niveau du calcanium. Cette inflammation s’est transformée en calcification et cette calcification faisait une petite pointe qui rentrait dans le tendon d’Achille. Donc j’étais en pré-rupture constante du tendon d’Achille. Après ça a empiré, je suis passé d’une pré-rupture du tendon Achille à une burcite, à une burcite retrocalcanéenne, donc à quelque chose de vraiment très grave et pas du tout rétroactif, suite à une petite erreur de jeunesse – qui ne doit malheureusement arriver à personne, surtout pas aux coureurs professionnels. Si dans le pire des cas on se blesse, je pense qu’à la moindre douleur il faut avoir une prévention tout de suite, c’est-à-dire il y a la fameuse règle de blessure: trois jours, trois semaines, trois mois. Il faut éviter d’arriver à trois mois d’arrêt. La moindre douleur, il vaut mieux prendre 72h de repos et la soigner tout de suite que tirer tirer dessus et que ce soit irréversible derrière et avoir trois semaines à trois mois de repos, voire plus. Je pense que c’est très important de s’entourer d’une équipe médicale, soit un ostéopathe, soit un kinésithérapeute. Il y en a énormément dans toutes les villes, et puis ne serait-ce que par les bénévoles et les dirigeants de votre club ou de votre association vont pouvoir vous orienter pour savoir quels syndromes vous pouvez avoir sur tout ce qui est articulations, muscles etc. Je pense que c’est très important pour une blessure la prévention pour pouvoir derrière bien la guérir si blessure il y a.

Maxence Rigottier : Mieux vaut prévenir que guérir. Si vous avez la moindre quelconque douleur, faites 72h de récupération. Logiquement si vous avez encore mal, consultez vraiment un spécialiste, sinon vous pouvez recourir. Généralement, tu parlais tout de suite qu’il fallait vraiment avoir une excellente hygiène de vie et faire de la récupération. Je voulais savoir si tu faisais des étirements à chacun de tes entraînements. Généralement dans le monde de l’athlétisme, il y a deux catégories de personnes. Il y a vraiment ceux qui sont pour à 100% pour des étirements et ceux qui sont vraiment contre. Je voulais savoir si toi tu faisais des étirements et qu’est-ce que tu en pensais.

Antoine De Wilde : Je suis pour les étirements, seulement je n’en fais pas du tout. Sur ça on devrait me mettre une petite claque parce que je pense que c’est pas bien. Si j’ai eu beaucoup de soucis de tendinites, c’est parce que j’ai toute une chaîne musculaire qui est beaucoup trop raide. Seulement quand on a des défauts et des secteurs où on n’est pas très bon, on n’aime pas trop les travailler, ce qui est mon cas. On préfère travailler les secteurs où on est meilleur. Je m’y attèle un petit peu. Moi je conseillerais – c’est un conseil, c’est personnel, après il ne faut pas prendre ça pour tout le monde – d’éviter les étirements sur un muscle fatigué, c’est-à-dire après une sortie très longue ou alors après une séance de fractionné. Je pense qu’après un footing de récupération ou un footing classique, je pense que c’est bien de s’étirer et ça permet de relâcher toute la chaine musculaire, de prévenir des blessures bien évidemment et de forcément de faciliter la récupération. Un muscle qui est énormément tendu et sollicité pendant l’effort va s’étirer derrière, ce sera bénéfique déjà pour le bien-être et pour la reprise de l’entraînement sur les jours qui vont suivre derrière. Ça c’est un conseil personnel, après chacun a ses petits trucs entre guillemets. Mais moi si j’ai un conseil à donner ce serait celui-ci.

Maxence Rigottier : Pour l’avis le plus tranché possible, faites-en l’expérience. Essayez une semaine de courir sans aucun étirement après chaque entraînement et vous allez voir ce que vous ressentez. Faites la semaine suivante la chose complètement inverse: vous vous entraînez et vous faites des étirements. Vous allez pouvoir savoir ce que vous ressentez et choisir vraiment la meilleure chose qui vous convienne. Pour tous les débutants qui nous regardent, je voulais savoir quel message pourrais-tu leur faire passer pour qu’ils se lancent dans la course à pieds dès demain.

Antoine De Wilde  : Moi je sais que j’ai beaucoup d’amis qui ont eu envie de courir, même des novices, quand ils sont venus regarder une compétition. C’est-à-dire quand on se retrouve dans un environnement où il y a du monde, où il y a une compétition qui est organisée, je pense sur le local par exemple Marseille-Cassis, c’est tellement un événement d’envergure que je pense que même la personne lambda va se dire « tiens, c’est vrai que c’est super. Je vois tellement de monde qui court, les gens prennent du plaisir à courir, sont super contents de terminer la course, courent avec des amis, courent pour la performance, courent pour terminer ». Il y a tout un tas de secteurs de motivation, tout un tas de CSP qui sont mélangées durant la course . Ça c’est énormément important. Je pense que la course à pied, c’est un des seuls sport qui peut apporter ça. Il y autant le Kenyan qui fait 27 minutes au 10Km que la personne qui fait plus une heure, que le chef d’entreprises qui gère des millions d’Euros toute la journée, que la personne qui touche le RSA qui sont mis sur la même ligue de départ et ça je pense que c’est un message très fort, surtout dans la société d’aujourd’hui. Et pour une personne qui regarde une compétition comme celle-ci, je pense que ça va lui donner des envies et ça peut être le meilleur moyen de l’amener à s’acheter une paire de baskets et d’aller faire un footing, de rejoindre un groupe d’entraînement, de rejoindre une structure, de s’inscrire pourquoi pas à une compétition et de dépasser les petites barrières qui sont mises devant elle. Il y a plein de coureurs qui m’on dit « moi je cours pas parce que j’ai peur d’être ridicule ». C’est faux, il y a personne de ridicule. Il faut bien débuter un jour. Même si on fait de la marche rapide, qui est une course très lente, on n’est pas ridicule du tout, au contraire. « Moi j’ai peur d’avoir honte ou j’ai peur du regard des autres », il y a aucun regard des autres. Moi quand je vais voir une compétition, que ce soit une compétition au niveau international ou une compétition locale, j’éprouve toujours autant de plaisir à voir courir les gens et à voir les gens s’épanouir, peu importe leur niveau. Ça je pense que c’est important. Si une personne ne s’est pas donné les moyens de courir immédiatement ou n’a pas franchi le pas, je l’invite à rejoindre une compétition, à venir la regarder et je pense que ça peut être le déclic pour qu’elle se dise « la prochaine, je prends un dossard et je fais partie de la ligne de départ ».

Maxence Rigottier : D’accord. Si vous avez un événement festif qui est le plus proche de chez vous – là actuellement nous sommes à Marseille, là Antoine a pris l’exemple de Marseille-Cassis où il y a plus de 15 000 coureurs au cours de l’épreuve – mais il y a énormément d’autres classiques françaises. Essayez de regarder ou de rejoindre une de ces compétitions. Je pense que ça va vraiment vous motiver et une chose aussi très importante, c’est que pratiquer la course à pied, mis à part avoir une excellente paire de running, c’est un coût vraiment dérisoire. Si en plus vous achetez pendant les soldes, ça peut vous revenir à 70 Euros. 70 Euros pour pratiquer un sport, l’année, c’est vraiment un coût très faible. Imaginez des autres sports comme le foot ou le rugby où il faut énormément d’installations, où faut être en communauté pour pouvoir le pratiquer. Ici vous sortez de chez vous il vous suffit juste d’une excellente paire de chaussures et tout de suite vous pouvez aller courir. Pas besoin de se dire « rendez-vous à 18h ». Là c’est vraiment quand vous voulez, quand vous avez le temps, quand vous le souhaitez et c’est vraiment à moindre coût. Si vous voulez vraiment commencer la course à pied, vous pouvez le faire dès demain et surtout, si vous êtes un peu stressé, laissez-vous emporter par exemple par un événement festif et vous devriez être heureux dans vos baskets.

Antoine De Wilde  : Pour motiver pourquoi pas un futur joggeur, je prends l’exemple d’une petite structure que j’encadre sur Marseille qui s’appelle les Marseille Morning Footing. Le but est de faire un petit jogging les mardis et les jeudis le matin très tôt. C’est à 6h30, Place Castellane.

Maxence Rigottier : Pour tous les Marseillais qui regardent cette vidéo, mardi et jeudi, 6h30, Place Castellane, vous pouvez rejoindre le Marseille Morning Footing.

Antoine De Wilde : Cette petite structure moi je trouve est très intéressante parce que j’ai vu des gens qui sont venus la première fois ici qui avaient un petit peu honte de se dire « je vais être ridicule en courant », ou « les gens vont me juger », ou « ça va aller trop vite et je vais pas tenir », et au contraire, on essaie vraiment de courir en groupe peu importe le niveau pour faire un footing de 30-35 minutes. J’ai vu des gens en interne s’épanouir de semaine en semaine, parce qu’ils rejoignaient un groupe de gens, parce que les gens leur parlaient, ils faisaient une activité physique et ce qui était peut-être pas le cas la journée parce qu’on n’est pas avec les gens après la journée, on sait pas ce qui se passe. J’ai vraiment vu des gens s’épanouir. Pour la petite anecdote, il y a une personne qui est venue courir ses premières fois le Marseille Morning Footing, qui a pris énormément de plaisir à courir en groupe et à courir tout simplement, qui s’est entraînée après un petit peu de son côté et a commencé à faire des compétitions et l’a amenée à un marathon qui a eu lieu fin novembre, donc en six mois de temps. Il y a eu une énorme évolution, et ça c’est gratifiant évidemment pour la personne qui l’a fait, c’est la première à féliciter mais aussi, comme quoi, l’envie peut venir vraiment d’une petite étincelle. Je pousse vraiment les gens à dépasser tout ça et comme tu l’as dit assez justement, à mettre leur paire de basket et à aller courir.

Maxence Rigottier  : Je reviens sur un point, c’est ça qui est fantastique dans la course à pied, c’est que c’est quasiment obligatoire que vous connaissiez des gens qui ont votre niveau. Si en plus on peut rendre ce moment de bien-être en courant par un moment de convivialité, c’est encore beaucoup plus sympa et c’est vraiment génial. Essayer de vous tourner vers un club pour justement avoir un petit peu ce côté convivial, ou vers d’autres associations qui permettent toujours de se rencontrer, de pouvoir aller discuter tout en courant. Je te remercie Antoine d’avoir accepté cette interview. Vous pouvez retrouver Antoine sur Facebook sur sa page fan Antoine De Wilde et moi je vous dis à bientôt pour de nouvelles vidéos. C’était Maxence Rigottier de Blog-course-à-pied.com.

Antoine De Wilde  : Bye bye!

Maxence Rigottier : À bientôt!

Laissez moi votre avis pour me dire ce que vous avez pensé de cette interview dans les commentaires! Cette interview vous a-t-elle plu ? Si oui, partagez là sur facebook ou twitter !  ;)

4 Commentaires

  •    Répondre

    Beau gosse le mec!! :) j’aime!

  •    Répondre

    Bonjour Séverine,

    Je pense qu’aller s’entraîner en Ethiopie permet de radicalement
    changer sa vision des choses et de sa vie. ;) Je ne suis encore
    jamais allé en Ethiopie mais je pense y aller en 2013
    .

    Je mettrai peut-être une seconde caméra d’un appareil photo
    par exemple dans mes prochains interviews comme le fait
    parfaitement Olivier Roland. ;)

    Ton commentaire était tombé dans les SPAMS mais c’est bon, je l’ai approuvé.

    A bientôt.

  •    Répondre

    Sympa cet interview de champion… et beau mec !

    Cela m’a rebooster pour mon défi : le trail des glaciers de la vanoise en juillet 2012

    Sympa aussi ton défi… mon record sur 10 km est de 36 »15…et çela a demandét bcp d’entrainement …je te souhaite donc plein de courage….
    Karine

    • Hello Karine,

      Parfait si l’interview t’a remotivée. ;)
      Très mon challenge le trail des glaciers en juillet 2012.

      Félicitation et Bravo pour ton record sur 10 km car
      je pense que 36 min au 10 km pour une femme équivaut
      bien à un 31-32 min sur 10 km pour un homme. :)

      Ce que tu as fait est remarquable. A très vite et au plaisir. ;)

Laissez un commentaire

Découvrez la seule marque de running MADE IN FRANCECliquez ici

Pin It on Pinterest

ENVIE de GAGNER 100€ de BONS D'ACHAT ?

Tentez votre chance et gagnez 100€ de bons d'achat sur ma boutique Running