[Interview vidéo] : La diététicienne Virginie Dubois nous explique les 3 pires erreurs à ne pas commettre lorsque vous souhaitez perdre du poids


Perdre du poids ? La diététicienne Virginie Dubois vous explique les 3 pires erreurs à ne pas  commettre lorsque vous voulez perdre quelques kilos. Les 3 erreurs sont des erreurs fréquentes de patients qui souhaitent perdre du poids ? Faites-vous ces 3 erreurs ? Verdict dans la vidéo juste en dessous. ;)

L’interview au format audio :

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L’interview au format vidéo :

Vous pouvez retrouver Virginie Dubois sur :

– Son site Santé Diététique

– Ses passages médias sur M6

– Ses passages médias dans la presse

– Une vidéo sur le petit déjeuner

Transcription texte de l’interview vidéo :

Maxence Rigottier Bonjour à tous ! C’est Maxence Rigottier de blog course à pied.com. Aujourd’hui je suis actuellement à Paris avec la diététicienne Virginie Dubois. Tu es diététicienne sur Paris, et également tu as déjà fait des interventions sur M6, plus particulièrement dans l’émission E=M6. Donc je vais laisser un petit peu Virginie se présenter et ensuite je vais lui des questions par rapport à l’alimentation du sportif et, comment perdre du poids. Salut Virginie !

Virginie Dubois Bonjour ! Donc oui diététicienne, je travaille en libéral maintenant depuis plusieurs années à Nation précisément. Je suis également enseignante, je suis jury pour l’obtention du diplôme de diététicien et j’enseigne à l’Université de Créteil. Je vois pendant les consultations que j’ai, en genre de patients, notamment des sportifs bien évidemment, plus particulièrement d’ailleurs des sportifs de course à pied et marathoniens, et puis je suis aussi des patients avec des maladies type diabète, hyper-cholestérolémie, insuffisance rénale, etc…

Maxence Rigottier : D’accord. Concernant tes patients, quels sont les principaux problèmes lorsqu’ils viennent te consulter ? Soit ils ont aucune éducation alimentaire, soit ils ont jamais fait de sport de leur vie, soit ils veulent perdre rapidement du poids. Explique-nous un petit peu les principaux problèmes selon tes patients quand ils viennent te consulter.

Virginie Dubois : Alors c’est vrai que le premier motif de consultation c’est quand même la perte de poids, aussi bien pour des personnes peu sportives, que pour des sportifs. Le sportif quand il vient consulter un diététicien c’est dans un premier temps parce qu’il veut maigrir. Alors, après il y a en général les soucis alimentaires. L’équilibre alimentaire pour les sportifs n’est souvent pas idéal, même des sportifs des fois de haut niveau, parce que c’est souvent ce qui vient en dernier, c’est-à-dire qu’iI y a l’activité, l’entraînement, et puis on va s’intéresser à l’alimentation quand vraiment il y a très peu de décalage avec l’adversaire en fait, c’est souvent le dernier recours. Ça on le voit dans beaucoup de domaines : dans le tennis par exemple, je connais bien, c’est souvent la dernière préoccupation pour améliorer les performances. Donc c’est la perte de poids principalement, et après il y a des demandes assez variées. En tous les cas pour les sportifs c’est rechercher une performance. C’est comment faire pour me démarquer des autres maintenant que techniquement je suis bon ?

Maxence Rigottier : D’accord. Quelles sont les pires erreurs à ne pas commettre lorsque l’on souhaite perdre du poids ? S’il y avait trois erreurs à ne pas faire, quelles seraient-elles ?

Virginie Dubois La première erreur déjà c’est d’aller trop vite. C’est-à-dire qu’effectivement, la plupart des personnes, bon c’est compréhensible, on a envie de se sentir bien maintenant, c’est de vouloir maigrir trop vite, et donc ça c’est particulièrement gênant en termes de santé, mais ça l’est tout aussi pour les sportifs du coup, parce que perdre du poids trop vite, c’est forcément créer de la fatigue déjà, donc diminuer ses performances, et puis risquer des blessures. Et là quand on se blesse c’est bien le problème, on arrête le sport, on reprend du poids parfois…

Maxence Rigottier : Exactement

Virginie Dubois En arrêtant l’activité, et du coup ça tourne en rond et on ne se sent pas très bien, et les performances diminuent de manière très claires. La deuxième erreur c’est de ne pas suffisamment rester proche de l’équilibre alimentaire. C’est-à-dire qu’il y a beaucoup de personnes quand elles veulent perdre du poids qui du coup suppriment certains aliments, en général les premiers aliments supprimés sont les féculents : le pain, les pâtes, le riz qui ont une très mauvaise image.

Maxence Rigottier : Même chez les sportifs ?

Virginie Dubois Même chez les sportifs.

Maxence Rigottier : C’est surprenant.

Virginie Dubois : Oui, alors qu’ils mangent des protéines, souvent ça c’est vrai qu’il y a de la viande, il y a du poisson même. Mais ils ont tendance à vouloir en maigrissant vite, limiter fortement voire supprimer les féculents. Et, là très clairement pour le sport, ça se passe pas très bien.

Maxence Rigottier : Logique.

Virginie Dubois : Et surtout pour la course à pied parce que c’est quand même la réserve d’énergie principale pour le muscle que de manger des glucides, de faire du glycogène. Et après la troisième erreur, c’est d’abandonner trop vite en fait, de ne pas être patient. Ne pas maigrir trop vite, c’est clair que ça c’est prioritaire. Mais savoir aussi du coup modifier son comportement alimentaire dans le temps. Pas vouloir tout faire tout de suite, c’est-à-dire qu’il y a des personnes qui vont dire « voila je fais telle erreur et telle erreur, etc,… ». Du jour au lendemain elles veulent tout bien faire. On ne peut pas changer ses habitudes du jour au lendemain, donc il faut savoir être patient et savoir faire un travail quand même dans la durée, c’est-à-dire sur plusieurs semaines, plusieurs mois. Il faut trois semaines pour changer les mauvaises habitudes alimentaires.

virginie dubois

Maxence Rigottier : D’accord

Virginie Dubois : Trois semaines d’efforts, au-delà de trois semaines les études quand même montrent bien que ça parait déjà plus naturel. Donc c’est pour ça qu’il faut quand même partir sur du long terme.

Maxence Rigottier : D’accord. Pour résumer la première erreur : vouloir perdre du poids rapidement.

Virginie Dubois : Oui.

Maxence Rigottier : La seconde erreur c’est de se priver de tels ou tels aliments

Virginie Dubois : Créer un déséquilibre.

Maxence Rigottier : Et de créer un déséquilibre. Et la troisième erreur c’est de pas avoir de constance dans la durée.

Virginie Dubois : Dans ses efforts.

Maxence Rigottier : Dans ses efforts. Minimum trois mois non pour… ?

Virginie Dubois : Oui, moi je pense qu’après ça dépend d’un individu évidemment. Mais c’est vrai qu’il faut quand même compter quelques mois, trois à six mois selon ses objectifs, au minimum, pour pouvoir avoir des changements durables.

Maxence Rigottier : D’accord.

Virginie Dubois : C’est vraiment un minimum.

Maxence Rigottier : Et donc quand tu dis perdre du poids pas trop brutalement, quel est le nombre de kilos maximum entre guillemets que l’on peut perdre en étant soit un homme, une femme ? Un kilo par mois ? Deux kilos ? Trois kilos ? Quatre kilos ?

Virginie Dubois : Alors c’est pareil, tout…

Maxence Rigottier : Quelle est la tendance ?

Virginie Dubois : Oui je comprends. Pour les femmes, en moyenne, c’est deux-trois kilos par mois. C’est-à-dire qu’au-delà ça crée forcément des frustrations, ça crée forcément des carences et de l’abandon de l’effort. Deux kilos moi ça me parait une bonne moyenne pour pas trop se fatiguer. Pour les hommes, bon les hommes on sait se dépensent plus déjà même au repos, donc ils peuvent atteindre trois-quatre kilos par mois sans avoir trop de difficultés, même s’il y a toujours des efforts à faire. Après, quelqu’un qui est sportif, il faut pas chercher à atteindre des objectifs encore trop élevés, parce que forcément ça a une incidence sur les performances, ça fatigue davantage, il y a un épuisement qui peut se créer et puis encore au pire des cas des soucis, des blessures. Donc le sportif, il faut être très modéré, souvent des fois même un-deux kilos par mois c’est déjà bien si on veut maintenir cette performance. Parce qu’après les sensations sont pas les mêmes. Pour la course à pied, en général ce sont les meilleures sensations. Mais si on prend les sports techniques, une simple variation de poids de deux-trois kilos, ça change beaucoup. Le golf par exemple, quand un individu perd cinq kilos l’hiver par exemple entre deux saisons, c’est plus les mêmes ressentis, donc faut le prendre en compte dans son projet en tout cas.

Maxence Rigottier : D’accord. Il faut aller doucement

Virginie Dubois : Oui doucement…

Maxence Rigottier : Deux kilos pour les femmes

Virginie Dubois : Pour les femmes deux kilos en moyenne, trois kilos pour un homme, ça reste relativement raisonnable, si on veut le voir relativement rapidement quand même.

Maxence Rigottier : D’accord. Et nous en tant que coureurs de course à pied, que ce soit de dix kilomètres, soit du marathon-marathon, quelle est l’alimentation à adopter quand on est sportif et que l’on court de telles distances ? Quels sont les conseils que tu pourrais nous donner ?

Virginie Dubois : Bon, il y a plusieurs nutriments qui sont indispensables. Les nutriments ça va être : protéines, lipides, glucides, et puis tous les autres nutriments qui n’apportent pas de calories : les vitamines et les minéraux. Tous ont un intérêt. Après c’est vrai que s’il faut résumer brièvement, ça va être déjà des protéines. Les protéines on sait que c’est ce qui fait le muscle. Quand on fait du sport et quand on court, on détruit son muscle. Donc il faut obligatoirement des composants, donc des protéines qui vont lui permettre de se reconstruire. Donc ça veut dire forcément viande ou poisson midi-soir, et puis des laitages, parce que les protéines du lait sont quand même très intéressantes. Un laitage à chaque repas, et des collations éventuellement avec des laitages pour les protéines. Après l’autre nutriment important ce sont les glucides. On ne peut pas courir si on ne mange pas de glucides, ça c’est clair parce que les réserves de glucides sont sous forme de glycogène dans le muscle, et ce glycogène s’épuise très rapidement. On a à peu près cinq cent grammes de glycogène en réserve en moyenne, ça dépend des hommes et des femmes, et donc ça s’épuise très vite. Et c’est vrai que le marathonien très clairement, arrivé au trente kilomètres, quand il y a cet épuisement qui se manifeste, c’est absence de glycogène. Après ça dépend quel muscle est concerné, mais c’est un blocage total. On ne peut plus avancer. Donc pour avoir suffisamment de glycogène, il faut manger des glucides à chaque repas. Et souvent on conseille aux marathoniens, la veille avant le départ, d’avoir une bonne alimentation en glucides. Mais pour le sportif après c’est vrai que ça dépend de son objectif. Le dix kilomètres on l’appréhende pas tout à fait pareil qu’un semi-marathon ou un marathon. Normalement pour le marathonien, ou pour le semi-marathon, c’est une semaine à l’avance. Donc il y a trois premiers jours où on mange de manière équilibrée, on s’entraine, et puis il y a les trois-quatre derniers jours où là on limite l’entrainement, mais on augmente les glucides de manière importante, à hauteur de soixante, soixante-dix pourcent de ses besoins maximum pour créer son stock de glycogène et pouvoir limiter l’épuisement au moment de la course.

Maxence Rigottier : D’accord.

Virginie Dubois : Voila, ça c’est la base. C’est vraiment la base.

Maxence Rigottier : Je rebondis sur tes propos. Tu évoquais qu’à partir du trentième kilomètre c’est le moment où on a ce qu’on appelle ‘le mur du marathon’, le gros coup de barre. Et donc il y a beaucoup de marques qui fabriquent des barres énergétiques, des boissons, des gels. Qu’en penses-tu ? Est-ce que c’est seulement du marketing ou il y a vraiment une utilité pour le coureur ?

Virginie Dubois : Alors c’est vrai qu’il y a quand même un aspect marketing, il faut pas le nier, c’est quand même aussi très pratique. C’est-à-dire qu’on peut se créer soi-même ses produits, sauf que ça demande du temps, ça demande de se procurer les bons produits, les boissons pour sportifs on peut se les faire avec du jus de fruit et de l’eau, du sel, etc… Bon, voila c’est faisable. Mais, c’est vrai que ces produits là l’intérêt c’est le côté pratique. Parce que du coup on a sous un petit format, si je pense aux gels, un très petit format donc ça se promène très bien, ça s’emporte facilement, et on a l’intérêt d’avoir aussi la qualité du produit avec une quantité de sel adaptée, une quantité de sucre adaptée, etc,… Il y a quand même certains produits qui à mon sens sont trop sucrés, et du coup apportent trop de sucre d’un coup à l’organisme, et créent après des hypoglycémies. Donc je pense que parmi ces produits, il faut quand même arriver à bien lire les étiquetages et à voir ce qui correspond. La dose de sucre n’est pas la même par exemple selon la quantité d’eau absorbée, selon la température extérieure. L’hydratation est différente, et l’apport de sucre peut être différent aussi. Donc, voila, moi je pense que ces produits sont bien, pratiques, mais il faut savoir les utiliser, c’est là où ça peut être difficile, et je pense qu’il faut voir le problème au cas par cas.

Maxence Rigottier : D’accord. Donc en gros faut déjà faire un test avant sur soi-même plusieurs fois, pas le jour de la compétition, aller s’acheter un nouveau gel et là les problèmes que tu évoquais.

Virginie Dubois : Tout à fait. Il faut dans son entrainement, il faut prévoir ce genre de produits.

Maxence Rigottier : Et s’il y avait un aliment que tu conseillerais aux sportifs, quel serait-il ? Est-ce qu’il y a un aliment spécifique en tant que coureur qui est indispensable pour pouvoir faire souvent des entrainements, pour être en bonne santé, etc ?

Virginie Dubois : Comme je parlais des glucides, c’est difficile de cibler un aliment, mais c’est très caricatural, mais c’est vrai qu’on va revenir sur des féculents et des pâtes. Les pâtes parce que déjà c’est un aliment qui est très facile à consommer, qu’on peut consommer sans mettre forcément trop de sauce, trop de graisse, etc. Même s’il y a possibilité de le faire. Mais c’est un aliment qui se consomme facilement dans des grandes quantités. Moi je vois beaucoup plus de sportifs manger des belles assiettes de pâtes, ils mangeraient peut-être pas des grosses assiettes de riz par exemple, ou de purée. C’est vrai que les pâtes ça se consomme assez bien, et c’est indispensable, même si pour rire on dit c’est des pâtes. Moi je dirais des pâtes.

Maxence Rigottier : Si vous ne savez pas quoi cuisiner, des pâtes c’est parfait.

Virginie Dubois : Pour le coureur oui.

Maxence Rigottier : Et, également est-ce que tu sais un petit peu, entre quelqu’un qui a une alimentation désastreuse, qui mange des pizzas, des kit-kat, etc…, un coureur, et quelqu’un qui a une excellente hygiène de vie, qui mange équilibré, qui a un bon sommeil, etc… Est-ce que tu sais un petit peu la différence de performances qu’il peut y avoir entre quelqu’un qui n’en à rien à faire et quelqu’un qui est exceptionnel sur le plan de l’hygiène de vie ?

La pyramide Alimentaire par Virginie Dubois

La pyramide Alimentaire © Virginie Dubois

Virginie Dubois : C’est difficile. Bon je pourrais pas dire concrètement les différences que ça va faire en termes de résultat, ça c’est…déjà ça varie d’un individu à l’autre, la capacité physique est très importante aussi, la capacité mentale est très importante parce que le coureur de dix kilomètres le ressent pas trop, mais le marathonien c’est très évident. Le mental doit être très fort aussi. Quelqu’un qui mange mal mais qui a un bon mental et qui va se maintenir motivé jusqu’au bout, peut-être va l’emporter sur quelqu’un qui mange très bien mais qui est un peu plus faible mentalement. Donc, voila c’est très délicat comme question. Ce qui est certain en tout cas, c’est que la personne qui mange mal part, à mon avis, sur la ligne de départ, part avec un léger désavantage. Si elle mange très gras, très sucré…

Maxence Rigottier : Des bonbons…(rires)

Virginie Dubois : Des bonbons…

Maxence Rigottier : Vraiment le pire possible.

Virginie Dubois : Des chocolats, des bonbons, déjà elle va partir avec une digestion qui est en train de se faire, donc une lourdeur, ça va la ralentir, le sang va avoir du mal a bien être au niveau des muscles, et puis il y a des risques de vomissement, des risques de diarrhée, qui vont forcément des fois contraindre à arrêter la course. Ça quelqu’un qui mange et qui va courir après c’est très net, on peut pas tenir même dix kilomètres ça parait insurmontable, parce qu’on est gênait, on a des nausées, etc. Donc c’est sûr qu’un équilibre alimentaire adéquat ça permettra de mettre tous les moyens souhaités pour faire des performances selon ses objectifs.

Maxence Rigottier : D’accord. Est-ce que ça peut entrainer à la blessure d’avoir une mauvaise alimentation ?

Virginie Dubois : Oui. Alors ça c’est certain, la plus grosse carence qu’on retrouve chez les sportifs c’est souvent la carence en fer…

Maxence Rigottier : D’accord

Virginie Dubois : La carence en fer peut créer de la fatigue très clairement, une mauvaise attention et donc en course à pied la blessure est très facile. Ça dépend aussi où on court mais c’est clair que des carences de fer, des carences en protéines ça affaiblit le muscle et ça peut créer des blessures rapidement.

Maxence Rigottier : D’accord. Donc si vous vous blessez des fois, posez-vous la question : est-ce que mon alimentation est bonne ou non ?

Virginie Dubois : Tout à fait oui. C’est même l’une des premières questions à se poser. Encore une fois pour revenir sur une question précédente, c’est vrai qu’il a des patients qui en voulant maigrir font trop de sport et se blessent, parce que du coup ils mangent très peu d’énergies, j’ai vu des femmes manger mille deux cent calories par jour et courir tous les jours une heure et demie ou deux heures.

Maxence Rigottier : Par repas ou par jour mille deux cent calories ?

Virginie Dubois : Par jour.

Maxence Rigottier : C’est faible non ?

Virginie Dubois : Oui, oui.

Maxence Rigottier : C’est très faible.

Virginie Dubois : Très faible. Donc elles mangeaient presque rien finalement, elles allaient courir deux heures par jour, alors elles étaient épuisées, dépressives, pas bien, et puis au bout d’un ou deux mois il y a une blessure qui arrivait, et donc il faut faire particulièrement attention. C’est même très dangereux de vouloir maigrir, encore une fois, trop vite, et vouloir maintenir une activité physique importante.

Maxence Rigottier : D’accord. Là je rebondis sur tes propos. Quel est le nombre de calories que l’on doit logiquement manger au petit-déjeuner, déjeuner et dîner pour une personne, un, une personne normale et deux, une personne sportive ? Est-ce qu’il faut manger plus quand on est sportif ou non ?

Virginie Dubois : C’est vrai que les besoins énergétiques, caloriques parce qu’on parle souvent des calories, augmentent effectivement selon l’activité physique. Alors la course à pied pareil ça dépend, entre les hommes et les femmes. Mais il faut compter pour une femme pratiquement 500-600 calories par heure, de brûlées en faisant une heure de course à pied.

Maxence Rigottier : D’accord.

Virginie Dubois : Bon après ça dépend de la vitesse mais bon dix kilomètre-heure en moyenne. Et pour un homme dix-douze kilomètre-heure, il va brûler pratiquement, on va dire entre sept cent et mille calories par heure. Donc c’est très exigeant au niveau de l’apport énergétique. Pour des besoins moyens, en dehors du sport, une femme c’est 2000-2200 calories, entre vingt et quarante ans. Et un homme, c’est entre 2700-3000 calories. Donc ça c’est pour une journée classique. S’il y a course à pied, ça s’ajoute. Donc une femme qui court une heure va dépenser facilement 2500-2700 calories. Un homme qui court une heure pourra monter jusqu’à 4000 calories par jour.

Maxence Rigottier : D’accord. Clairement il faut manger un peu plus si on court.

Virginie Dubois : Exactement. Après c’est sûr que si on mange à la hauteur de ses besoins il y a pas de perte de poids. Quelqu’un qui dépense 4000 calories et qui mange 4000 calories ne maigrit pas.

Maxence Rigottier : Tout dépend si vous recherchez à de la performance ou la perte de poids.

Virginie Dubois : Quelqu’un qui veut maigrir, il faut créer un déficit. Obligatoirement. Une femme qui a besoin de 2700 calories, si elle mange à 2700, son poids reste stable. Si elle mange moins, elle perdra du poids. En fonction de la perte calorique, il y a une perte de poids plus ou moins importante. Après la répartition des calories, elle se fait en général avec 25% au petit-déjeuner, donc ça dépendra mais autour de 500-700 calories. 40% au déjeuner et 35% au diner. Ça c’est vraiment encore une fois assez basique. Après ça dépend si on veut mettre des collations, et là les collations c’est à peu près 10% de l’apport calorique en moyenne selon si c’est le matin ou l’après-midi, et parfois des collations le soir.

Maxence Rigottier : D’accord. Concernant les sportifs qui viennent te consulter, c’est plus pour perdre du poids ou c’est plus pour améliorer leurs performances ?

Virginie Dubois : Alors c’est vrai qu’en général la première motivation c’est la perte de poids. En tout cas ce qui permet souvent de déclencher la venue en consultation, faire la démarche parce que ça demande souvent un temps de réflexion je le vois bien avec les patients, c’est la perte de poids. Ça c’est vraiment la question première, après il y en a qui viennent pour l’équilibre alimentaire, mais c’est pas la majorité quand même. Il faut quand même vouloir maigrir pour faire la démarche.

Maxence Rigottier : Exactement. Plus entre guillemets on est ‘lourd’, plus c’est difficile de faire de l’exercice physique et c’est l’engrenage infernal, c’est de plus en plus dur pour se motiver et maigrir, et ainsi de suite.

Virginie Dubois : Exactement. Tout à fait.

Maxence Rigottier : Et pour les personnes qui veulent améliorer leurs performances, c’est juste parce qu’elles ont pas du tout d’éducation alimentaire, elles veulent des conseils pour avoir un plan type d’une alimentation structurée de ce qu’il faut manger lundi matin, lundi midi, lundi soir, etc ?

Virginie Dubois : Alors pour la plupart des patients qui viennent simplement pour l’équilibre alimentaire, ce sont aussi des personnes qui ressentent un certain…comment dire ? Pendant la course qui ont des choses qui ne leur plaisent pas beaucoup, comme le fait de se sentir faible, on parle évidemment du marathonien au trentième kilomètre qui vient en disant « voila qu’est-ce que je dois faire maintenant à ce moment-là? ». Tout ça ça se prépare bien évidemment. Après il y a aussi des femmes qui font des courses de dix kilomètres mais qui font de l’hypoglycémie ou qui se sentent pas bien, qui ont des douleurs au ventre, qui ont des problèmes justement de nausées, de diarrhées. Donc en général, il y a un mal-être pendant la course, pour que la personne se pose la question de son équilibre alimentaire et vienne consulter.

Maxence Rigottier : D’accord.

Virginie Dubois  Quelqu’un qui mange mal mais qui finalement court sans souci, il va se dire « bon je mange mal peut-être », parce que souvent il y a quand même un début de conscience, «  mais voila ça ne me dérange pas pour courir, je me sens bien, je suis en forme, pourquoi consulter ? ». Ce genre de personnes, c’est pas le plus grand nombre. Je pense qu’il y aurait toujours un intérêt à refaire un point, ne serait-ce qu’un bilan sur ce qu’on mange, ce qu’il faudrait manger pour toujours faire mieux. Mais les personnes se posent moins la question dans ces cas-là.

Maxence Rigottier : C’est dommage, c’est quand même utile. Il y a un célèbre dicton « mieux vaut prévenir que guérir ». Malheureusement, l’être humain on est comme ça, c’est après la blessure que l’on se pose des questions. On se dit « bon faut que j’aille consulter un médecin, faut que j’aille consulter une nutritionniste, un diététicien, etc. », alors que le mieux c’est d’être préventif, faire des tests et ensuite logiquement on diminue sa malchance d’avoir un problème quelconque.

Virginie Dubois : Tout à fait. Exactement.

Maxence Rigottier : Ok. En tout cas merci pour cette courte interview.

Virginie Dubois : Merci à toi.

Maxence Rigottier : Si elle vous a plu, partagez la sur Facebook ou Twitter. N’hésitez pas si vous êtes sur Paris à consulter Virginie si vous avez des problèmes alimentaires ou si vous avez besoin de conseils en nutrition, je pense que tu le feras avec plaisir ?

Virginie Dubois : Oui, il y a pas de problème.

Maxence Rigottier : Pour ma part je vous dis à bientôt pour de nouvelles vidéos de course à pied. Bye !

L’interview vous a plu ? Partagez-la sur facebook ou twitter. ;)

Et vous ?

Faites-vous attention à ce que mangez lorsque vous courez ? Ou au contraire, vous ne vous en souciez pas pas une seule seconde ?

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Maxence Rigottier

Maxence Rigottier

    7 Commentaires

    •    Répondre

      Salut Maxence,si les pâtes sont un bon aliment pour un coureur amateur c’est parfait pour moi car j’en mange 2 repas sur 3 j’essaie de varier l’accompagnement:viande rouge,blanche,omelette…etc.Au niveau quantité j’ai plutôt la main lourde.En bref je ne fais pas vraiment ou trés rarement attention à mon alimentation c’est pour cela que mon poids ne varie pas à mon grand regret et malgré la course à pied, à plus.Sinon bravo pour avoir réussi à garder le fil de l’interview.En présence d’une aussi jolie femme,fallait le faire!

      • Salut Daniel,

        Moi, aussi, je mange pas mal de pâtes. Mais maintenant, je privilégie au maximum les fruits
        et les légumes.
        :)

        Parfait si tu as apprécié l’interview, cela fait plaisir à lire. :)
        A très vite.

    •    Répondre

      Très bon reportage! Je ne suis pas sportif( je me débat sur mon vélo elliptique 4 à 5 heures par semaine chaque fois que je peux, et fait quelques étirements.. Mais une chose est sûre depuis que je suis devenu végétarien, quasi végétalien je me sens beaucoup plus en forme et j'ai l'impression d'être plus résistant à l'effort! encore bravo pour ces interviews!!

    •    Répondre

      Très bon reportage! Je ne suis pas sportif( je me débat sur mon vélo elliptique 4 à 5 heures par semaine chaque fois que je peux, et fait quelques étirements.. Mais une chose est sûre depuis que je suis devenu végétarien, quasi végétalien je me sens beaucoup plus en forme et j'ai l'impression d'être plus résistant à l'effort! encore bravo pour ces interviews!!

    •    Répondre

      Salut Maxence

      Déjà bravo pour le choix de tes interlocutrices, tu es un garçon qui a bon gout :)

      Plus sérieusement, moi aussi, je me suis mis à courir depuis le mois d’avril pour perdre du poids; j’y ai trouvé bien d’autres plaisirs depuis. J’ai donc modifié pas mal mes habitudes alimentaires, à savoir beaucoup de viande et beaucoup plus de fruits et de légumes. Dans les débuts, j’ai même pas mal réduit les quantités d’aliments et je courais 2/3 fois par semaines, les résultats étaient au rendez-vous mais l’hypoglycémie aussi, jusqu’à être obligé de courir dans une pâtisserie pour m’acheter une éclair au chocolat car je me sentais vraiment pas bien du tout; cet éclair a été le meilleur médoc et le plus efficace que j’ai pris depuis longtemps :)

      Maintenant, j’ai repris une alimentation plus copieuse mais plus équilibrée qu’avant; je sens mieux, je cours même mieux, mais c’est vrai que les kilos partent moins vite, mais je suis patient.

      Et toujours autant de plaisir à courir, je suis rendu à courir 19 km non stop, c’est le pied

      Merci encore et @+

      • Salut Stephane,

        Parfait si tu as apprécié l’interview. ;)
        Merci pour ton retour d’expérience.
        Comme tu le sais, je suis entrain d’adopter l’alimentation
        végétalienne. Pour le moment, pas de coup de barre ou d’hypoglycémie…:)

        A très vite.

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